Un jeune homme, plus hardi, courut vers la maison et voulut franchir le premier bâtiment embrasé; un chevron du toit se détacha et l'étendit presque sans vie sur les charbons ardents. On le retira privé de connaissance.

J'avais déjà pris mon parti: je m'étais emparé de deux couvertures de laine que je plongeai dans un des tonneaux de la cour; je saisis un paquet de cordes, une longue échelle, et je me précipitai à travers le feu et la fumée, au milieu des cris des spectateurs. Arrivé au pied du mur principal, déjà crevassé et fumant, je plantai l'échelle et je gravis rapidement jusqu'au toit, disputant chaque échelon aux flammes qui commençaient à s'y attacher. Lorsque je parvins sur la corniche, le pied de l'échelle était en feu, et, un instant après, elle tomba. J'étais auprès de Mathilde.

«Venez, lui dis-je, hâtons nous.»

Et en même temps je l'enveloppais des convertures mouillées.

«Serrez-les bien autour de vous, et ne craignez rien.

--Non, me répondit-elle, il est trop tard.--Comment descendrons-nous? Voyez, l'échelle est brûlée.

--Laissez-moi faire.»

Et t'attachais fortement aux barreaux de la lucarne la corde que j'avais apportée.

«Maintenant, Mathilde, couvrez bien votre visage et vos beaux cheveux. Tenez-vous fortement à moi.--Puis, écoutez-moi bien: si, quand je serai arrivé en bas, je tombais... ne vous arrêtez, pas, et courez toujours devant vous.»

En achevant ces mots, je lui fis passer ses bras autour de moi, et, cramponné à la corde, je commençai à descendre.