La Cuisine.

Le chef de service du bagne a à sa disposition les moyens nécessaires pour y faire régner le plus grand ordre et une parfaite sécurité. Ces moyens consistent dans la dispensation qu'il fait seul des punitions et des récompenses.

Autrefois, quand les forçats servaient sur les galères de l'État, ils étaient soumis à un code d'autant plus rigoureux qu'il fallait prévenir ou punir sur l'heure les attentats de tout genre et les délits d'insubordination ou de désobéissance dont ces criminels se rendaient coupables.

Ce code, qui se ressentait de la barbarie des lois pénales de cette époque, était effrayant; il infligeait des châtiments terribles, tels que la mutilation, la perte du nez, des oreilles, de la langue, etc., même pour des fautes peu graves.

Mais à mesure que les moeurs s'adoucirent, on renonça à toutes ces punitions, et il n'y a plus aujourd'hui contre les individus qui contreviennent aux lois et aux règlements intérieurs que des peines que l'humanité avoue et qui sont suffisantes.

Jadis la bastonnade était une des moindres punitions; elle est aujourd'hui la plus forte, et encore n'est-elle appliquée que dans le cas d'évasion, de tentative d'évasion non consommée, ou pour excitation, dans les salles et sur les travaux, à des résistances ou mutineries qu'il est essentiel de réprimer promptement et avec vigueur.

La bastonnade est aussi donnée aux condamnés qui volent à leurs camarades, soit des vivres, soit de l'argent ou de menus effets.

Cantine.