Le style est toujours correct et harmonieux, surtout lorsque M. Louis de Ronchaud ne se sert pas de mots nouveaux semblables à celui-ci:

Un poète a bâti Néphélocorygie...

M. Louis de Ronchaud a assez de talent pour que nous nous permettions de lui adresser un reproche plus sérieux. La pensée, dans ses poésies, reste souvent au-dessous de l'expression; nous aimerions mieux que le contraire fût vrai. En général, il y a dans la plupart des Heures beaucoup trop de mots vagues et sonores. Que M. Louis de Ronchaud se méfie de sa facilite; qu'il médite avant de chanter, ou que les caprices de son imagination soient moins vulgaires et plus nets. Des pensées nouvelles, fortes et profondes ou des fantaisies vraiment saisissantes et originales, tels sont les deux buts où doit tendra avant tout le poète qui aspire, non pas à un succès éphémère, mais à une renommée solide et durable.

Parmi les meilleures pièces de ce remarquable recueil, nous choisissons à l'appui de nos éloges les deux fragments suivants empruntes à l'Hymne du Printemps et à Mon Jardin.

Oui, je te reconnais, c'est bien ton doux sourire,

O Printemps! Cette voix qui mollement soupire,

C'est bien la douce voix dont tout être est charmé.

Quand tu viens délivrer la nature enchaînée.

Quand tu fais du tombeau sortir la jeune année.

Qui ne t'aime, ô Printemps, dans ton lit parfumé!