Voici, d'après une chronique arabe, la liste de ceux qui ont été le plus violents.
1025 de l'hégire (1616 de J.-C.), sous Mustapha, explosion des poudres; incendie du quartier des Kilchawas.
1041 (1632), sous Schikh Hussein, incendie de la Casbah.
1044 (1635), sous Youssef, la Casbah est incendiée de nouveau.
1091 (1670), sous Baba-Hassan, incendie de la grande poudrière.
1155 (1742), sous Ibrahim, incendie du fort l'Empereur.
La Djeninah, qui vient d'être en partie détruite par les flammes, et que représente notre dessin, fut fondée en 939 de l'hégire (1553 de J.-C.), sous le pachalik de Saleh. Dapper en donne la description suivante, d'après Haédo et Marmol, historiens espagnols:
«Le plus beau bâtiment d'Alger est le palais du bacha, qui est au milieu de la ville, entouré de deux belles galeries l'une au-dessus de l'autre, soutenues par deux rangs de colonnes de marbre.--Il va aussi deux cours, dont la plus grande a trente pieds en carré, où le divan s'assemble tous les samedis, les dimanches, les lundis et les mardis. --C'est là que le bacha traite les conseillers du divan au temps de la fête du Beyram. L'autre cour est devant le palais du vice-roi.»
La Djeninah se composait encore, pour le service intérieur, d'un côté d'une suite de maisons démolies après la conquête, pour faire place aux baraques provisoires devenues la proie des flammes, et, de l'autre, de deux bâtiments, dont l'un sert pour la manutention, et l'autre pour le corps de garde de la milice.
Une inscription placée au-dessus de la porte du corps de garde relate que près de là, et adossé contre le mur, il existait jadis un mortier de marbre dans lequel on pilait les condamnés à mort.--De pauvres soldat; ivres, coupables seulement de désertion, ont subi cet horrible supplice; c'est du moins ce qu'ajoute l'inscription.