OBJETS DIVERS.
Nous voici arrivé au terme de notre compte rendu, et nous trouvons, en feuilletant notre portefeuille, une nomenclature effrayante de noms, de produits, de numéros dont notre intention était de parler, et que nous sommes forcé de passer sous silence, tout en reconnaissant qu'ils auraient mérité, pour la plupart, que notre feuille les citât avec éloges. Mais il y a un proverbe qui nous rassure: A l'impossible nul n'est tenu; et quoique nous ayons condensé autant que faire se pouvait nos appréciations, nous n'aurions pas voulu que l'Illustration fût une succursale du livret, et nous borner à la simple mention de produits qui méritaient mieux et plus que cela. Aujourd'hui nous voulons réparer une partie de ces omissions, et dans notre article, véritable pandæmonium, on verra figurer un peu de tout; nous allons glaner après avoir moissonné, et nous pensons que la gerbe du glaneur vaudra bien celle du moissonneur.
Et d'abord arrêtons-nous devant un magnifique travail exposé par M. Froment-Meurice. C'est un bouclier dont la vue nous a rappelé les descriptions poétiques que font, des boucliers de leurs héros, les vieux poètes du genre humain, Homère et Virgile. Mais, dans ce temps-là, le bouclier était une arme de combat. Aujourd'hui ce n'est plus qu'un prix à suspendre au milieu d'une panoplie; jadis c'était dans le combat corps à corps, au milieu des merveilleux coups d'épée et des puissants coups de lance, qu'il recevait son baptême et sa consécration Maintenant celui à qui il écherra pourrait être le plus timide, le plus faible, le plus petit des mortels, mais il aura eu en sa possession le cheval le plus vile, le jockey le plus maigre et le plus efflanqué; certes, un pareil prix lui sera bien dû pour de telles prouesses. Dans ces combats en champ clos, le champ de bataille est le turf, les combattants des chevaux de l'un et de l'autre sexe, les spectateurs des sportsmen ou gentlemen riders. Le bouclier de M. Froment-Meurice, destiné à servir de prix de course, est une des plus belles pièces de l'orfèvrerie moderne. Il est en fer et en argent. Il se compose d'un sujet central ronde-bosse, de quatre bas-reliefs et d'une frise ou bordure. Le milieu, modelé par M. Jean Feuchères, représente Neptune domptant des chevaux; c'est une idée toute mythologique, vous savez que le bon La Fontaine donne une autre origine à l'appropriation du cheval au service de l'homme. Il s'agissait, vous vous en souvenez, d'une certaine vengeance à tirer d'un cerf. La première idée ennoblit le cheval; la seconde le rapproche beaucoup des petites passions de notre triste humanité. Maintenant, voici le cheval à différentes époques, car son histoire est celle de notre civilisation.
Voiture parachute, par M. Callier.
Lit de sauvetage, par M. Valat.
Le Chromographe, par M. Rouget de Lisle.