Un artiste oui a exécuté de grands travaux pour le gouvernement, M. Marchebens, vient d'adresser au conseil général des hospices et aussi au conseil municipal de Paris, dont heureusement l'avis devra être pris avant de se mettre à l'œuvre, une demande pour qu'un concours soit ouvert. Il fait bien ressortir les inconvénients manifestes du projet pour lequel l'administration se sent un faible, et il ajoute: «Dans cet état de choses, et pour un monument de cette importance, pourquoi, messieurs, ne décideriez-vous pas un concours public pour éclairer la marche de cette grande opération? La commission des hôpitaux de Bordeaux avait aussi son monde et ses architectes; elle n'en ouvrit pas moins un concours aux savants et aux artistes du royaume, pour l'érection de son grand hôpital. Vous approuverez, j'espère, ce principe, messieurs, en faisant un appel aux lumières du siècle, pour rendre plus parfait cet asile du pauvre; car, vous l'avez bien compris, il ne s'agit ici de blesser aucun intérêt, ni de ravir la place de personne, mais il s'agit d'une création modèle, sur laquelle la raison, l'expérience et la comparaison sont nécessaires pour éclairer l'administration. Aux plans et devis doit être joint le mémoire explicatif sur la construction, sur l'hygiène des salles, sur la séparation des malades et des convalescents, sur le chauffage, sur la ventilation, et enfin sur la commodité des services. Ce travail ensuite doit être soumis à un jury d'examen composé de membres de l'Académie des sciences, de médecins et de chirurgiens, d'architectes, administrateurs ou directeurs, afin qu'il soit jugé par chaque spécialité avec connaissance de cause, et afin qu'un monument de cette importance ne laisse rien à désirer.»
Et pour ce concours qu'il provoque, M Marchebens envoie son plan, dans lequel il est arrivé, en économisant, sur le projet rival, plus de 2,000 mètres carrés de terrain et plus de 2 millions, à faire beaucoup mieux pour les malades. Ainsi, dans cette construction, telle qu'il la conçoit et dont nous donnons l'aspect, tous les bâtiments sont isolés, et n'ont que deux étages de salles de malades;--les salles n'ont que 32 lits; elles sont toutes séparées par des jardins, et l'on peut y classer les diverses espèces de maladies;--après avoir logé les 600 lits, on trouve une réserve qui permet de placer 250 lits pour des temps calamiteux,--un quartier pour les convalescents, des promenades couvertes et des chauffoirs ont été ménagés dans toutes les divisions,--l'établissement des bains est disposé de manière à servir aux malades de l'hôpital et à ceux du dehors;--de grandes galeries à portiques réunissent tous les bâtiments et permettent le service en tout temps;--les constructions sont en pierre et en fer, ce qui non-seulement les met à l'abri de l'incendie, mais encore les rend plus saines, plus durables et plus économiques;--les dépendances, accessoires et jardins, n'occupent qu'un espace proportionne à leur service;--la rue du Nord n'est pas coupée, n'est pas interrompue, et tout l'édifice est entouré d'un boulevard planté d'arbres.
Nul doute que le conseil municipal, qui va avoir à délibérer sur les sacrifices qui lui sont demandés a cette occasion, y mettra pour condition l'ouverture d'un concours. Aujourd'hui, il n'y a donc encore de reconnu que la nécessité de cet établissement et d'adopté que son titre: Hôpital Louis-Philippe. Espérons que ce qui reste à déterminer le sera uniquement dans l'intérêt des malades et dans celui des budgets des hospices et de la ville de Paris.
Exposition
DES PRODUITS DE L'INDUSTRIE.
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M. Thénard, président du jury de l'exposition. |
M. Darcet. |
M. le comte de Noe. |
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M. Léon de la Borde. |
M. Alexandre Brongniart. |
M. Fontaine. |
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Michel Chevalier. |
M. Dumas. |
M. Firmin Didot. |
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M, Blanqui. |
M. Gay-Lussac. |
M. Chevreul. |
DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES.
Lundi 29, à une heure, ceux de MM. les exposants qui avaient été désignés par les différentes commissions du jury s'étaient réunis, au nombre de plus de huit cents, dans la salle des maréchaux. Les membres du jury, conduits par M. le baron Thénard, pair de France, leur président, les avaient précédés, et s'étaient placés à droite et à gauche de l'espace réservé pour le roi et sa famille.
Quelques instants après, Sa Majesté est arrivée. Elle portait l'uniforme de la garde nationale. La reine, madame Adélaïde, M. le duc de Nemours et M. le duc de Montpensier, accompagnaient Sa Majesté, qui était suivie de M le ministre du commerce et de l'agriculture, du préfet de la Seine et du commandant des gardes nationales du département.