Et le 3 p. 100 est descendu jusqu'au cours de 51 fr. sous la Commune!

Ainsi donc, par l'institution de la dette publique, la Bourse tient tous les gouvernements liés à sa cote. La dette publique, c'est le cerf-volant; mais le fil de ce cerf-volant, c'est la Bourse qui le tient, et croyez bien que la Bourse marchande toujours sa ficelle!

Or, à la manière dont la Bourse examine, discute, pèse et chipote la valeur de la dette publique de tous les gouvernements, on peut se figurer avec quels verres grossissants elle doit interroger l'horizon pour signaler tous les faits qui peuvent influer, en bien ou en mal, sur la dette, le crédit et la richesse mobilière de tous les pays.

Vienne une effroyable catastrophe, par exemple, le paiement des cinq milliards de l'indemnité, et la Bourse fera sentir cruellement et longtemps le prix du crédit qu'elle accorde aux grandes puissances, quand elles sont blessées à l'aile!

Vienne une crise industrielle ou commerciale qui fait monter à 8 et 10 p. 100 le taux de l'argent, et la Bourse baissera, parce que c'est elle qui est la première appelée, par la réalisation de ses valeurs, à faire l'appoint dont l'industrie et le commerce ont besoin.

Vienne une disette, un point noir dans la politique, un incident grave, et le marché s'agite, se trouble et se signale par de brusques variations, comme le baromètre avant l'orage.

Il n'est donc pas un acte, un incident, une dépêche, une nouvelle, un on-dit, qui ne puisse avoir son écho direct, immédiat, caractérisé à la Bourse. Vous n'avez qu'à voir les trépidations de la cote pour voir que ce vieux marché est plus impressionnable qu'une sensitive. Comme au lièvre en son gîte, un souffle, une ombre, un rien, tout lui donne la fièvre, et il serait tout aussi déraisonnable de lui demander la fixité que de demander l'immobilité à l'Océan.

On comprend dès lors que, tous les jours, l'homme politique, le financier, le capitaliste, le rentier, le commerçant, tout le public, enfin, ait besoin de consulter la Bourse. La cote est le thermomètre qui apprend si la fortune publique a monté ou baissé sous la pression des nouvelles du jour; la cote est le pouls que l'on consulte pour apprendre si le pays est malade ou en bonne santé.

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Malade ou en bonne santé, disons-nous! Encore une expression qui nous arrête et qui exige une explication, sans laquelle les arrêts rendus par la Bourse vous paraîtraient aussi indéchiffrables qu'un logogriphe.