«Au mois de novembre 1869, je me rendais à Durfort (Gard) pour continuer les fouilles entreprises dans la «Grotte des morts»--(l'ossuaire dont j'ai déjà parlé plus haut)--lorsque, à un kilomètre environ du village, j'aperçus au-dessus d'un tas de pierres, sur le bord de la route, quelque chose qui me parut être une dent d'éléphant. Je ramassai l'objet et constatai que c'était bien, en effet, une molaire d'éléphant fossile. J'appris du cantonnier que ces pierres avaient été extraites sur place. Examinant le terrain, je reconnus qu'il y avait là un dépôt de transport local qui avait dû combler autrefois toute la vallée, mais dont il ne restait plus aujourd'hui qu'un lambeau de trois ou quatre cents mètres carrés de surface.
«Je fis faire immédiatement des fouilles, etc.»
Je résume maintenant les observations auxquelles ont donné lieu ces fouilles:
«Il y avait là un petit bassin marécageux, où croissaient les espèces végétales des fonds humides. Ce bassin, séparé du cours du ruisseau, n'était envahi par les eaux qu'au moment des crues et par remous. Ces eaux mortes n'y déposaient que du limon; peu ou point de graviers. Les couches successives du limon, déposées sur le talus assez escarpé qui borde la route, sont encore reconnaissables.»
«Les eaux, n'arrivant que mortes et par remous, n'ont pu charrier là que des cadavres flottés; et les ossements qui s'y rencontrent proviennent ou d'animaux échoués dans le remous ou morts sur place.»
C'est ce qui explique comment les squelettes trouvés là sont entiers.
Le premier qu'on ait découvert et extrait intégralement, c'est le squelette d'un éléphant--Elephas meridionalis. C'est le plus colossal des éléphants de cette espèce dont on ait retrouvé les restes; en voici les dimensions:
Apophyses dépassant
l'omoplate d'environ 0.30 c.
Omoplate 1.10
Humérus 1.25
Cubitus. ...... 0.95
Os du pied (carpe,
métacarpe, phalanges). 0.50
Ce qui donne pour
hauteur de l'animal au
garrot 4.40 c.
Squelette de l'éléphant fossile trouvé à Durfort.