On sait qu'à la suite de la seconde restauration il fut contraint de s'exiler. C'est pendant cet exil qui ne devait même pas finir avec sa vie, car le gouvernement ne voulut pas laisser ramener en France sa dépouille mortelle, c'est pendant cet exil que ses anciens élèves, dont était Couder, lui donnèrent la preuve à la fois la plus éclatante et a plus courageuse de reconnaissance.

Après diverses tentatives infructueuses faites auprès du ministère pour mettre un terme à l'exil de ce grand maître, ils firent frapper en son honneur une médaille qui, gravée par Galle, lui fut portée à Bruxelles par Gros.

M. COUDER. D'après la photographie de M. Reutlinger.

Couder a toujours gardé un vif souvenir de David, qui lui avait montré la route du beau et enseigné le secret de ne s'y point égarer.

À l'exposition de 1817, son Lévite d'Ephraïm partagea le grand prix avec le Saint Etienne d'Abel de Pujol. À la suite de ce succès, Couder fut appelé à exécuter les peintures de la galerie d'Apollon au Louvre.

Une question d'amour-propre devait momentanément l'éloigner de la France. Quelques-uns des tableaux qu'il exposa de 1820 à 1827 n'eurent pas auprès du public le succès qu'il espérait, et il se montra très-sensible à cette froideur, qu'il jugeait imméritée.

C'est alors qu'il passa en Allemagne.

Il se retira en Bavière et s'établit à Munich, ou il séjourna longtemps et peignit des fresques.

Après les journées de juillet et la chute de Charles X, il revint en France, où cette fois le succès l'attendait. Plusieurs de ses ouvrages eurent même de la popularité, entre autres, l'Adoration des Mages (1831), les portraits du général Rampon et du maréchal de Saxe, et surtout la Bataille de Laufeld, qui date de 1836.