Autour de ces trois noms se groupent toute une armée de collaborateurs. Disons les principaux:

Bergeret (Pierre-Nolasque), peintre d'histoire, paysages, genre et portraits, élève de Vincent et David. Son premier tableau d'exposition: Les honneurs rendus à Raphaël après sa mort, venait d'obtenir, au Salon de 1806, un immense succès, consacré par l'acquisition qu'en fit l'empereur. C'est à Bergeret qu'est confié le soin de composer l'immense page d'histoire qui doit s'enrouler au fût de la colonne.

Pour traduire ces dessins en bas-reliefs, sont successivement désignés:--Bartolini, Beauvallet, Boischot, Boquet, Bosio, Bouillet, Bridan, Calamar, Cardelli, Mlle Charpentier, Clodion, Corbet, Delaistre, Deseine, Dumont, Dupasquier, Fortin, Foucou, Francin, Gaule, Gérard, Gois fils, Losta, Lucas, Montoni, Petitot, Picard, Renaud, Rutxiel, Stouff et Taunai.

Sur les dessins de l'architecte Mazois, Gérard sculptera les Renommées qui doivent soutenir, au-dessus de la porte, l'inscription dédicatoire;--les bas-reliefs des trois autres côtés du piédestal seront exécutés, d'après les croquis de Zix, par Beauvallet et Renaud.

À Canlers incombent les quatre aigles des angles, et à Gelé tous les ornements d'architecture.

Enfin, quand nous aurons cité l'inspecteur des travaux, Fouilloux, et les divers entrepreneurs, savoir: Plateau, pour la maçonnerie; Lacase, pour la charpente; Launay, pour la fonte et Rémond, pour la ciselure,--nous aurons à peu près épuisé la liste des coopérateurs de M. Denon.

Un nom toutefois manque à notre nomenclature, celui de Chaudet. C'est à lui que la statue qui doit «couronner l'édifice» est commandée. Nous y reviendrons plus tard.

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Voilà donc la besogne distribuée. Dès lors l'activité dévorante de l'homme à qui l'on voue cette apothéose semble s'emparer de ceux qui la lui préparent. L'échafaudage--un chef-d'œuvre de force et de légèreté--surgit du sol. A partir de ce moment, tous les travaux marchent se front. Au fur et à mesure que s'élève le massif de pierres, dessinateurs, sculpteurs, fondeurs et ciseleurs imposent au bronze les formes requises. La grande préoccupation est d'aller vite. Tous les obstacles sont tournés. C'est ainsi qu'on renonce au moulage des plaques de bronze en cire perdue, procédé usuel, mais d'une lenteur désespérante. On y supplée par un moyen nouveau, fort ingénieux d'ailleurs:--les modèles de plâtre subiront une cuisson; et, grâce à ce recuit rouge, rien de plus facile que de les dégager sans altérer les moules.

Les calculs de Lepère sont, au reste, d'une précision tellement rigoureuse, tout a été si bien prévu, qu'aucun incident matériel n'entrave l'exécution.