Le château de Frohsdorff ou plutôt Froschdorff, dont nous donnons une vue extérieure, est situé dans la Basse-Autriche, non loin de la frontière de Hongrie, et à 50 kilomètres sud de Vienne. Un vaste parc entoure cette magnifique habitation, résidence habituelle de M. le comte de Chambord. Dans le voisinage se trouvent Wiener-Neustadt, la rivière de l'Ens, et la grande forêt de l'Empereur (Kaiserwald), où le prince chasse fréquemment.
Au XIIIe siècle, le village et la seigneurie de Froschdorff portaient le nom de Krottendorf, qui était celui de la famille à laquelle il appartenait alors. Vers le milieu du siècle suivant, cette seigneurie fut réunie au comté de Pütten, puis elle passa dans les mains du comte de Teufel en 1542, et, en 1620, dans celles des comtes de Hoyos.
L'ex-reine de Naples, veuve de Murat, la princesse Caroline Bonaparte, qui se faisait appeler comtesse de Lipona, anagramme de Napoli, en fit à son tour l'acquisition en 1822. Finalement, la duchesse d'Angouléme, à la suite de la révolution de Juillet, ayant quitté Goritz, après la mort de son mari, vint habiter le château de Froschdorff, où elle mourut le 10 octobre 1851, ayant auprès d'elle le comte de Chambord, son neveu et son héritier, et sa nièce, la princesse de Parme.
Depuis lors, le prince a pris possession du château de Froschdorff, dont il a beaucoup embelli les vastes appartements, et où il séjourne tout le temps de l'année qu'il ne passe pas à Venise. Il a épousé, le 10 novembre 1846, la princesse Thérèse, archiduchesse d'Autriche-Este, fille aînée du duc de Modène, François IV.
L. C.
La colonne Vendôme.--Redressement des plaques.
On sait que la colonne Vendôme, élevée à la gloire de la Grande-Armée victorieuse à Austerlitz, avait été édifiée sur le modèle de la colonne Trajane qui existe encore à Rome. Mais, tandis que celle-ci est en marbre blanc, la colonne Vendôme se trouvait constituée par une colonne creuse en pierres revêtue de plaques de bronze provenant de la fonte de douze cents canons autrichiens et prussiens. Ces plaques ou panneaux, au nombre de deux cent soixante-quatorze, non compris les six morceaux qui forment l'entors ou couronne de lauriers de la base, sont autant de bas-reliefs dont l'ensemble s'enroule en spirale de la base du fût à son chapiteau. Chacun de ces panneaux, mesurant 1 mètre de hauteur sur 1m20 de longueur, pèse 200 kilogrammes. Les dix pièces de l'entors et la coupole représentent un poids total d'environ 8200 kilogrammes, ce qui, pour la colonne, non compris la base, les aigles d'angles et la statue du couronnement, représente 63,000 kilogrammes de bronze.
Réédifier le monument n'est pas une opération aussi simple qu'on paraît se l'imaginer au premier abord.
Lors de sa chute et malgré les couches épaisses de paillis disposées sur la place, les plaques s'arrachèrent violemment de leurs attaches; quelques-unes, le plus petit nombre heureusement, furent fendues, brisées, et plusieurs fragments disparurent; la plupart ne se trouvèrent que déformées ou faussées sous le poids des blocs de pierre qui pesaient sur elles, et dont l'effort destructif se trouva augmenté par la hauteur de chute.
Avant de songer à replacer les panneaux de bronze sur le fût de pierre restauré, il faut donc de toute nécessité procéder à diverses opérations préliminaires ayant pour but: le redressement des plaques faussées; leur ajustage à la suite les unes des autres, suivant l'ordre indiqué par les sujets sculptés; la réfection des pièces manquantes ou brisées; enfin la réparation de celles qui se sont fendues, soit par l'effet de la chute, soit par suite des opérations de redressement. C'est seulement après terminaison complète de ces travaux de redressement, de complément et d'ajustage, que les panneaux, transportés au chantier de la place Vendôme, seront appliqués sur le fût de pierre au fur et à mesure de l'élévation de la maçonnerie.