Le redressement et l'ajustage s'opèrent dans les ateliers de MM. Monduit, Béchet et Cie, bien connus par les remarquables travaux de plomberie d'art exécutés au Louvre, à Notre-Dame de Paris, à la Sainte-Chapelle, etc., tandis que les opérations qui entraînent la fonte du métal ont été confiées à l'usine Thiébault.

Dès le samedi 26 mai 1871, le personnel de l'usine Monduit, Béchet et Cie, procédait à l'enlèvement des plaques de bronze gisant sur la place Vendôme, les numérotait et, d'après les instructions de M. Normand, architecte de la colonne, les déposait au palais de l'Industrie, où elles restaient jusqu'au vote de l'Assemblée qui a prescrit de restaurer le monument.

C'est de là que ces débris sont repris au fur et à mesure de l'avancement des travaux et transportés dans les ateliers.

Les plaques complètes, mais déformées, sont, ainsi que le représente notre gravure, soumis à l'action d'une presse à vis manœuvrée à bras d'hommes. Appuyant sur les parties déprimées, cette presse leur rend le relief primitif et, suivant le point où s'opère la pression, point qu'il appartient à la sagacité des ouvriers de reconnaître, la plaque reprend sa forme bombée et hélicoïdale. La pression à opérer doit être d'autant plus puissante que chaque panneau présente, pour le nu ou fond, une épaisseur de 12 à 15 millimètres.

Pour les reliefs déterminés par les personnages ou les divers sujets de sculpture, cette épaisseur s'élève à 7, 8 et même parfois 10 centimètres d'épaisseur. En outre, des tenons en bronze, au nombre de trois par panneaux, font corps avec le fond et contribuent à augmenter la rigidité. Une autre cause complique l'opération, c'est la forme en spirale du revêtement de bronze. Si les plaques n'étaient que des sections de couronnes absolument circulaires, il suffirait de les courber en les maintenant appliquées sur une forme présentant également une section cylindrique de même diamètre que le noyau de pierre de la colonne. Une pression opérée sur les deux extrémités suffirait dans ce cas. Mais il n'en est pas ainsi, et chacune des deux cent soixante-quatorze plaques de bronze étant une portion de spirale, se présente sous une forme courbe, en quelque sorte gauche, qui oblige à une observation constante des résultats de la pression, à une recherche sans cesse renouvelée des effets produits.

De temps en temps, la plaque quitte donc la plate-forme de la presse pour être appliquée sur un premier gabarit, puis elle retourne sous la vis, subit de nouvelles pressions suivies de nouveaux essais, et lorsque le panneau épouse parfaitement les formes du gabarit, que son bourrelet en saillie fortement prononcée s'applique exactement sur le rebord de la plaque précédente, les ouvriers le reportent sur un bâti de bois dressé verticalement et reproduisant les dimensions et les formes extérieures du fût de pierre. Chaque panneau est en quelque sorte mis à la place qu'il doit occuper, ce qui permet de se rendre compte du degré de perfection des travaux de redressement, de corriger ce qui peut paraître défectueux, de reconnaître d'une manière certaine et définitive la part du travail à exécuter dans la fonderie.

En sortant des ateliers de MM. Monduit et Béchet, les plaques sont transportées dans les ateliers de M. Thiébault, où elles sont complétées et réparées au point de vue artistique. Cette restauration fera l'objet d'un prochain article.

Paul Laurencin.

Le grand escalier du nouvel Opéra

L'Illustration, dans le dernier numéro du Paris nouveau, a décrit en détail le nouvel Opéra. Elle offre aujourd'hui à ses lecteurs une vue du grand escalier de la salle, dans l'état actuel des travaux.