CI-GIT LE WALTER SCOTT FRANÇAIS.

Le vicomte d'Arlincourt, fort bien vu de la Restauration, avait, à cette époque-là, une existence fastueuse. On se rappelle que lord Byron avait mis à la mode la vie aristocratique chez les gens de lettres. Chateaubriand et Lamartine obéissaient à cette contagion de l'exemple. Tous deux s'y sont ruinés. Or, l'auteur d'Ipsiboë croyait se donner à son tour une grande figure en vivant comme ces trois têtes d'élite.

Un jour, pendant un voyage à travers les provinces, Charles X et sa cour s'arrêtèrent cinq heures à un château du vicomte d'Arlincourt.

Ce dernier dépensa alors cent mille francs pour recevoir dignement le roi de France.

Comme son frère, le général d'Arlincourt, le gourmandait sur cette prodigalité.

--Une Majesté ne pouvait recevoir autrement une autre Majesté, répondit l'auteur de l'Herbagère.

Le vicomte d'Arlincourt a vécu assez longtemps en touriste dans le nord de l'Europe, en Danemarck, en Suède, en Finlande, en Russie. De ces divers pays il a rapporté deux volumes d'impressions de voyage sous ce titre: l'Étoile polaire.

--On m'a partout accueilli comme un prince!

Voilà ce qu'il chantait sur tous les tons.

Beaucoup se rappellent lui avoir entendu raconter le trait suivant que nous reproduisons mot pour mot de ses propres causeries.