Il en profita pour parler haut et ferme, et, finalement, fit, du costume romain, la condition sine qua non de son concours. Ce qui prouve plus en faveur de son caractère que de son goût. Voici, du reste, par quelles piètres raisons il défendait sa manière de voir (5):
«Il faut toujours se rendre compte de ce qu'on veut faire. La colonne de la Grande Armée est une imitation de la colonne Trajane. Cette imitation ne doit pas rester incomplète. Elle le serait si la statue qui doit la couronner n'était vêtue comme celle de Trajan, etc., etc.»
Note 5: Courrier français, 28 juillet 1833.
Fort bien! mais, terrible logicien que vous êtes, pourquoi n'avoir pas fait prévaloir plus tôt cette mirifique opinion? Précisément M. Denon avait remis à Bergeret, pour le guider dans son travail, des dessins exécutés, d'après les bas-reliefs de la colonne Trajane, par Jules Romain et le Mutiau. Croyez-vous qu'au lieu d'attacher à sa propre invention toute une armée française, et, partant, de ne tirer aucun parti de ces modèles, votre malheureux collègue n'eut pas préféré cent fois copier des vélites, des hastaires et des princes (6)?--Alors seulement le plagiat eût été complet, c'est-à-dire tel que vous le désiriez. Alors seulement on eût pu concevoir l'espérance d'entendre un jour au pied de la colonne des dialogues dans ce goût-ci:
Note 6: Pour conserver les désignations, mieux connues, en usage avant Marius.
--Ce monument doit avoir été bâti par les Romains.
--Qui vous fait croire...?
--Dame! rien que cette poignée de triaires, là, dans le coin, à gauche...
--Des triaires, ça! C'est la vieille garde!
Jules Dementhe.