VII.--LA STATUE DE SEURRE.

Cette personnification du «petit Caporal» est devenue tellement populaire que nous nous garderons de toute description. Rappelons seulement que pour permettre à l'artiste de pousser à ses dernières limites l'exactitude du costume, le général Bertrand avait mis à sa disposition l'énorme «petit chapeau», le frac militaire, les épaulettes, la redingote à revers, les bottes à l'écuyère, et jusqu'à la lorgnette de l'Empereur. Quant à l'épée de la statue, elle a été copiée sur l'épée que Napoléon portait à Austerlitz.

La nouvelle statue mesure 3m.90. Elle est donc plus haute que l'ancienne. Elle est aussi plus légère. Celle-là pesait 2,937k.03; celle-ci ne pèse que 1,713k.27.--Fondue d'un seul jet par M. Crozatier, en ses ateliers du Roule, elle est pleine jusqu'à mi-jambes; au-dessus, l'épaisseur du bronze va en diminuant jusqu'aux parties supérieures, où elle n'est plus que de 7 à 8 millimètres.

Le bronze provenait de seize canons pris à l'ennemi en 1805 et conservés à l'arsenal de Metz.

C'est le samedi 20 juillet 1833, à midi, que Napoléon reprit, de fait, possession de son monument. La statue resta, suivant l'usage, voilée jusqu'au jour de l'inauguration officielle, qui eut lieu le 28.

*
* *

Nous terminerons ici notre travail. Ce qu'il nous resterait à dire encore appartient à l'histoire toute contemporaine. Et cela touche, par beaucoup de points, à des faits, les uns trop connus et les autres trop peu pour que nous entreprenions de nous en occuper dans un journal d'où les controverses et les polémiques sont rigoureusement exclues.

NOS GRAVURES

Les fouilles du cloître Saint-Marcel

On sait que des travaux ont été entrepris par la ville de Paris rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Par suite de tranchées pratiquées pour la pose de conduites d'égouts et de gaz, dix-sept sarcophages ont été mis à jour, presque tous de pierre et de dimensions diverses. La tête de l'un d'eux a été creusée dans un chapiteau de colonne. Un autre est de plâtre et porte à son extrémité le monogramme du Christ, en forme de roue. Le couvercle d'un troisième, de petite dimension, et qu'on croit du XVe siècle, est orné d'un cadre renfermant également un monogramme du Christ, une croix dont le bras supérieur présente la lettre grecque rhô; plus un alpha, un oméga, un soleil et une petite croix pattée. Le morceau le plus intéressant est un très-grand sarcophage, composé de deux pierres rapportées, dont la plus longue a été creusée dans un bloc ayant fait partie d'un édifice. On y lit, en caractères de 19 centimètres de hauteur, ce fragment d'inscription: Fil sacer Pari.... On a cru d'abord voir dans ce dernier caractère la haste d'un E, complétant le mot parentibus, ce qui semblait indiquer un fragment de monument funéraire; mais après un second examen, on a cru pouvoir affirmer que c'était certainement un I, complétant le nom des Parisiens ou d'un Parisien, ce qui ferait de ce fragment un des très-rares monuments que nous possédions, portant le nom de la ville de Paris ou du peuple parisien tracé à une époque remontant à l'ère chrétienne.