Ce monument, élevé au moyen d'une souscription ouverte spontanément dans les rangs des agents forestiers, et à laquelle tous ont participé, a été placé par les soins de M. le directeur de l'École forestière dans la cour d'honneur de l'établissement. Il a été établi d'après les plans de M. Morey, l'habite architecte de la ville de Nancy, et il consiste en une fontaine dont la vasque est formée d'un seul bloc en syénite polie; elle a la forme d'un sarcophage qui repose sur une marche en granit. La vasque supporte une pyramide en marbre blanc, dont le socle porte pour inscription la devise d'Horace:

DULCE ET DECORUM EST
PRO PATRIA
MORI.

Sept couronnes étoilées, sculptées, se détachant en relief de la pyramide, rappellent les sept gardes généraux tués pendant la guerre.

Monument commémoratif de la guerre élevé
dans la cour de l'École FORESTIÈRE DE NANCY.

Le monument est appliqué à un mur, tapissé de vigne vierge, qui traverse la cour dans toute sa longueur. Il est encadré dans un portique en pierre calcaire, bordé par une guirlande en haut relief, composée de feuilles de chêne et de glands aboutissant à une clef de voûte d'une forme très-remarquable. Sur le fond, à droite et à gauche de la pyramide, sont gravés les noms des sept victimes, et au-dessous de la clef de voûte se trouve la dédicace: «A NOS CAMARADES.»

Après le service solennel célébré à la cathédrale, les assistants se sont rendus à l'École forestière pour l'inauguration du monument.--M. le directeur général a énuméré les services signalés de chaque défunt et les circonstances dans lesquelles ils ont trouvé la mort sur le champ d'honneur. Il a ensuite adressé des éloges mérités au personnel de l'École pour les secours prodigués à nos malheureux soldats à l'ambulance installée dans l'établissement. Puis, mentionnant les pauvres gardes forestiers expulsés de leur pays pour ne pas perdre leur qualité de Français, il a signalé le bel esprit de corps qui règne dans la famille forestière, qui, à l'aide de souscriptions diverses, a permis de recueillir et d'assister plus de cent cinquante familles se trouvant par suite de ces funestes événements momentanément sans asile.

Les paroles éloquentes prononcées par M. le directeur général, dans un langage noble et élevé, ont vivement impressionné tous les assistants. Les accents émus qu'il a su trouver pour exalter les vertus des morts et pour rendre justice aux qualités des vivants ont largement contribué à imprimer le souvenir ineffaçable de cette touchante cérémonie dans la mémoire de tous ceux qui y ont pris part.

J. Lévy

RÉBUS