LE TRAITÉ DE PARIS.
Les conditions étaient singulièrement dures, surtout si on les rapproche de celles que les alliés nous avaient imposées en 1814.
Voici en quoi elles consistaient:
Les frontières de la France étaient rétablies telles qu'elles étaient en 1790. Les districts de la Belgique, de l'Allemagne et de la Savoie, ajoutés en 1814 à l'ancien territoire français, en étaient séparés. Landau, Philippeville, Sarrelouis, Marienbourg étaient abandonnés aux alliés. Huningue était démantelé. La France renonçait à tout droit sur Monaco. Elle avait à payer une indemnité de guerre de 700 millions et subissait à ses frais une occupation de 150,000 hommes sur les frontières du nord et de l'est.
Au traité du 20 novembre étaient jointes des conventions militaires et financières que nous allons successivement examiner.
CONVENTIONS MILITAIRES.
La convention relative à la partie militaire débutait par le considérant suivant: «L'état d'inquiétude et de fermentation dont après tant de secousses violentes et surtout après la dernière catastrophe, la France doit se ressentir encore, exigeant pour la sûreté des États voisins des mesures de précaution et de garantie temporaire, il a été jugé indispensable de faire occuper, pendant un certain temps, par un corps de troupes alliées, des positions militaires le long de la frontière de la France...»
C'est là le caractère distinctif de ce traité. En 1871, c'est pour garantir le payement de l'indemnité de guerre que l'occupation a lieu; en 1815, c'est uniquement par suite de considérations politiques.
Cette convention ne laissait à la France qu'un délai de dix jours pour remettre entre les mains de leurs nouveaux possesseurs les places qui nous étaient enlevées.
L'armée d'occupation, forte de 150,000 hommes, était ainsi composée: l'Autriche, l'Angleterre, la Russie, la Prusse donnèrent chacune 30,000 hommes, la Bavière 10,000, le Danemarck, la Saxe, le Wurtemberg chacun 5,000 hommes.