En même temps qu'on augmentait les recettes, on s'efforçait de réduire les dépenses. C'est le budget de la guerre et de la marine qui fut surtout atteint: de 251 millions, il fut ramené à 228 millions.

Nous avons vu précédemment, qu'en 1814, le baron Louis avait dû lutter contre les conseils mêmes du roi, pour assurer le payement des dettes contractées sous l'empire. M. Corvetto, son successeur, fut moins heureux devant les chambres: mais en 1817, M. Louis, alors président de la commission du budget, fit reconnaître ces créances par la loi du 25 mars 1817, et assura l'acquittement régulier et intégral de l'arriéré.

LES EMPRUNTS.

On conçoit sans peine qu'il était impossible avec un budget qui montait en 1814 à 637 millions au chapitre des dépenses, et à 814 millions en 1815, de faire lace aux exigences de la situation. Il était donc indispensable de faire appel au crédit.

Déjà, il avait été nécessaire d'inscrire au grand livre des titres de rentes pour une somme approximative de 36 millions de revenu, afin de donner aux puissances alliées la garantie stipulée au traité de paix.

Cette opération ne constitua, à vrai dire, qu'une remise de rentes.

Ce n'est qu'en mai 1810 que le premier emprunt fut émis: il était de 6 millions de rentes 5 pour 100 au prix moyen de 57 fr. 20 c.

Une loi du 25 mars 1817 autorisait un second emprunt de 30 millions de rentes. Après une longue discussion législative, le ministre des finances, M. Corvetto, fut autorisé à traiter avec la maison Hope et Baring (de Londres et d'Amsterdam), par opérations successives. Ces négociations produisirent un capital de 345 millions. L'emprunt ressortait à 8 fr. 00 pour 100 en moyenne, tandis que le premier s'était élevé à 9 francs.

Le 9 mai 1818, un troisième emprunt de 14 millions 800 francs de rentes fut émis sous une forme nouvelle. Les souscriptions publiques devaient être de 5,000 francs de rentes au moins: quant au prix, il n'était pas fixé, et ne devait l'être qu'après le relevé des demandes. Malgré la forme singulière de cet emprunt, qui fut d'ailleurs vivement critiqué à l'époque et donna lieu à plusieurs discussions au sein des chambres, le résultat surpassa tout ce que l'on attendait: pour 14 millions 600 francs de renies demandés aux capitalistes, on eut 163 millions de soumissions; l'emprunt fut donc couvert onze fois environ.

Le quatrième emprunt fut conclu le 9 octobre 1818 avec la maison Hope et Baring, au cours de 67 francs; il produisit 105 millions de francs destinés à nous acquitter en partie de la contribution de guerre.