Ce payement effectué, nous ne restions plus débiteurs vis-à-vis de l'étranger que d'une somme de 100 millions. L'article 14 du traité du 20 novembre 1815 autorisant la France à s'acquitter des 100 derniers millions par la remise d'un litre de rente au cours moyen d'alors, le gouvernement français inscrivit au grand livre un nouveau titre de plus de 6 millions 500,000 francs, au cours de 75 fr. 57. Les puissances étrangères vendirent ce titre à la maison Hope et Baring.

Malheureusement, il survint à ce moment à la Bourse de Paris une crise tellement violente que de plus de 75 francs, la rente tomba alors à 60 francs. La maison Hope et Baring fit alors observer que comme il lui était impossible de garder en portefeuille toutes ces rentes, elle allait surcharger le marché et amener une baisse plus considérable. Le traité fut alors résilié; la rente de 6 millions 615,000 francs fut rendue à la France, qui acquitta les 100 millions dont elle était redevable en bons du Trésor.

La liquidation financière n'était pas encore terminée, et puisque nous avons énuméré les charges qui pesaient sur la France après les Cent-Jours, il nous faut suivre jusqu'à la fin ces opérations.

La loi de 1817, votée grâce à l'intervention du baron Louis, portait que l'arriéré serait payé par des reconnaissances de liquidation que le Trésor acquitterait par cinquièmes, à partir de 1821. A cette époque, le ministre des finances, M. Roy, offrit aux créanciers de les payer, soit en numéraire, soit en annuités 6 pour 100, soit en annuités 4 pour 100 avec 2 pour 100 de lots et de primes à leur choix. L'arriéré à payer cette année étant de 60 millions, 50 millions d'annuités 4 pour 100 avec lois furent réclamés.

Ce résultat, peut-être inattendu, méritait d'être signalé dans ce rapide récit de la liquidation financière de 1815. Il constitue, en effet, un précédent instructif, et servit de base à une combinaison proposée plus tard, et que nous retrouverons lorsque nous aurons à raconter les efforts que la France dut faire une fois encore pour remédier aux désastres de la plus terrible des invasions.

En 1821, un cinquième emprunt de 12 millions 514,000 francs de rentes fut adjugé à MM. Hottinger, Hope et Delessert.

Enfin, en 1823, eut lieu le dernier emprunt. Il s'élevait à 23 millions 114,000 francs de rentes, mais 19 millions 514,000 francs seulement étaient imputables à la liquidation antérieure; il fut adjugé à MM. Rothschild au taux de 89 fr. 55.

La liquidation financière de 1815 était terminée.

RÉSUMÉ.

Quelque arides que soient ces matières, il nous semble utile d'en faire ressortir les points principaux: il y a là un précédent qui nous sera plus tard utile; et d'ailleurs, au milieu de nos désastres, n'éprouve-t-on pas une consolation réelle à voir cette activité de la nation, cette vitalité inouïe qui résiste à toutes les charges, et répare en si peu de temps des ruines que l'on croyait impossible de relever?