C'est M. Coste qui remplit les fonctions de secrétaire perpétuel pour la section des sciences physiques pendant les trois dernières années de la vie de Flourens. Peut-être eut-il été appelé à l'honneur de le remplacer si la faiblesse excessive de sa vue n'eut fourni un argument puissant aux partisans de son savant compétiteur.

Mais on ne tarda point à le dédommager en l'appelant aux honneurs si enviés de la présidence.

Malheureusement, sa santé ébranlée ne lui permit point de prendre possession du fauteuil. S'il n'avait ressenti, dès le commencement de 1870, les atteintes lointaines du mal qui devait l'emporter, l'année terrible l'eut vu chargé de la lourde mission de représenter le premier corps savant du monde devant la Commune ignorante et la Prusse jalouse.

Depuis cette époque, M. Coste luttait énergiquement contre les progrès du mal. Jamais son intelligence n'avait été si lucide et si prompte. Jamais sa pensée n'avait nourri plus de projets, caressé plus de rêves. Une heure avant sa mort il s'en entretenait encore avec l'élève dévoué qui lui prodiguait les secours, hélas impuissants, de la science.

Un neveu qu'il avait élevé et auquel il était profondément attaché, M. Émile Coste, avait débuté comme simple chancelier dans la carrière diplomatique. S'élevant de grade en grade il avait été successivement consul à Manille, à Tien-tsin, où son successeur immédiat fut massacré, à Porto-Rico, où ses deux prédécesseurs étaient morts de la fièvre jaune. M. Émile Coste venait d'être nommé consul à Carthagène lorsqu'il succomba à une maladie douloureuse dont il avait contracté le germe dans les contrées tropicales. Un mois à peine s'écoule et M. Coste, jour pour jour, presque heure pour heure, rendait le dernier soupir. Il venait de succomber aux suites d'un étranglement intestinal.

La catastrophe arrivait au lendemain d'un voyage d'exploration dans le bassin d'Arcachon, à la veille d'une mission ayant pour but la réglementation de la pêche de la sardine.

La mort saisissait M. Coste dans un délicieux château de Normandie où le retenait une amitié des plus vives.

Les soins les plus affectueux, les plus délicats n'ont pas manqué à sa maladie, les pleurs ne manqueront point non plus à sa tombe.

W. de Fonvielle.

L'évacuation