TEXTE
Histoire de la semaine.
Courrier de Paris, par M. Philibert Audebrand.
Les Théâtres, par M. Savigny.
Bulletin bibliographique.
Nos gravures.
Les dix-huit régions militaires par M. Wachter.
Revue comique du mois, par Bertall.
La libération du territoire (fin).
Revue financière: Le Crédit foncier suisse.
Eaux gazeuses: M. Mondollot fils.
GRAVURES
M. Coste.
L'évacuation: Le dernier bataillon allemand passant la frontière.
Espagne: La place du marché à Valence;
Le bombardement d'Almeria;
Les carlistes devant Tolosa;
Vue générale de Bilbao.
Types et physionomies de Paris; Le cavalier du dimanche.
Revue comique du mois, par Bertall.
Exposition de Vienne: Appareil pour la fabrication des eaux gazeuses.
Rébus.

HISTOIRE DE LA SEMAINE

FRANCE

Le voyage à Frohsdorf d'une délégation de la droite ayant pour but de mettre fin aux incertitudes qui planent depuis deux mois sur les résolutions du comte de Chambord, vient d'être pleinement confirmé. Ce sont MM. Merveilleux-Duvignaux et de Sugny qui ont été choisis comme ambassadeurs; les deux honorables députés doivent, disent les journaux bien informés, rendre compte de leur mission aux délégués du centre droit «de manière à raffermir les espérances de ceux qui croient que le salut de la France est dans le rétablissement prochain d'un régime définitif».

En attendant, nous devons nous contenter d'un récit de l'entrevue publié par le Times et qui, bien que visiblement erroné sur certains points, n'en est pas moins accepté comme exact dans ses traits principaux. Voici ce récit:

«MM. Merveilleux-Duvignaux et de Sugny, qui sont allés à Frohsdorf et dont on a tant parlé depuis quelques jours, sont de retour. Comme ce voyage donnera lieu à beaucoup de récits, il est essentiel d'en faire connaître les détails authentiques et d'être exactement renseigné sur ce qui s'est passé.

«Voici, d'après les renseignements les plus certains, le récit des entrevues qui ont eu lieu entre les délégués et le comte de Chambord:

«MM. Merveilleux-Duvignaux et de Sugny ont eu deux entrevues avec le prince. Dans la première, ce sont eux seuls qui ont parlé. Ils ont déclaré au comte de Chambord qu'ils n'avaient pas à lui poser un ultimatum, et que leur mission consistait à lui exposer la situation actuelle réelle, telle qu'elle ressortait des réunions tenues à Versailles; ils ont attiré son attention sur la question religieuse, sur la Constitution et sur le drapeau.

«Le lendemain ils ont eu une seconde entrevue, dans laquelle le comte de Chambord a parlé. Le comte les a remerciés de leur exposé et de ne pas s'être chargés d'un ultimatum. Il s'est montré très-affecté des efforts de ses adversaires pour faire croire que son retour serait le signal d'une guerre religieuse. Il a déclaré qu'il considérait que la politique de la France devait être une politique de paix et de recueillement, et que, tout en étant un catholique convaincu, il ne se croyait pas en droit d'engager les destinées de la France pour une cause, quelque sacrée qu'elle fût à ses yeux.

«Sur la question de la Constitution, le comte de Chambord a déclaré qu'il n'avait nullement l'intention d'octroyer une Charte, pas plus qu'il n'avait l'intention de gouverner le pays au moyen d'une Constitution quelconque. Il a donné à entendre que la Charte de 1814, appropriée aux circonstances actuelles et débattue avec l'Assemblée, lui semblait pouvoir satisfaire tout le monde. Il a pourtant ajouté que, sur la question du suffrage universel et de la décentralisation, il avait des idées qu'il n'abandonnerait qu'à son corps défendant.