Un milliard au moins sera versé dans le cours de l'année 1871. Un délai total de cinq ans est donné à la France pour s'acquitter. Les cinq milliards porteront intérêt. Chaque versement devra être opéré en numéraire ou en traites sur l'Allemagne.
On conçoit l'empressement de la Prusse à exiger de l'argent des vaincus: ses finances étaient épuisées et ce n'est qu'à grand'peine qu'elle était parvenue à trouver les sommes qui lui étaient nécessaires pour continuer la guerre.
La contribution de guerre devait servir à indemniser les divers États allemands des dettes qu'ils avaient contractées, à récompenser les officiers et les soldats, à subvenir aux besoins du trésor prussien, enfin à perfectionner l'armement, et à améliorer les forteresses de l'Empire.
Au lendemain même de sa victoire, la Prusse prenait ses précautions contre une nouvelle guerre, jugeant bien que la France ne chercherait qu'à se relever de son abaissement et à se venger de sa défaite.
CONDITIONS MILITAIRES.
Quelque excessives que soient les exigences de l'Allemagne au sujet de l'indemnité de guerre, ce ne sont malheureusement pas les plus rigoureuses.
L'Alsace, moins Belfort, et une partie de la Lorraine sont cédées à l'Allemagne, «qui possédera ces territoires à perpétuité en haute souveraineté et propriété».
Ce n'est qu'après de longues négociations que Belfort nous reste: concession importante, car la ville si énergiquement défendue ferme sur un point notre frontière.
Mais partout ailleurs elle est ouverte. Metz, Strasbourg, Bitche, toutes nos forteresses, toutes nos places doivent être livrées aux Allemands.
Depuis vingt ans, en même temps quelle se préparait à la lutte, la Prusse établissait à l'avance quel serait le prix de la victoire. Elle recherchait l'importance du moindre village, et dans ce démembrement depuis si longtemps convoité, elle s'étudiait à ne nous laisser aucun avantage.