Gravures: La chambre du maréchal Bazaine, à Trianon.--Bazaine.--Voyage de Victor-Emmanuel en Allemagne: promenade de Leurs Majestés le roi d'Italie et l'empereur d'Autriche sur le lac de Laxenburg.--Exposition des prix et envois de Rome à l'École des Beaux-Arts (2 gravures),--Vue panoramique de Metz.--Souvenirs de captivité: l'évasion.--Nuka-Hiva: le chef de la baie de Thehetchagor;--La rivière, de la baie de Thehetchagor.--Exposition universelle de Vienne: vue des quatre façades de l'exposition de MM. Christofle et Comp. (côté sud).--Evénements d'Espagne: entrée des carlistes à Tortella.--Rébus.
HISTOIRE DE LA SEMAINE
FRANCE
Ou est toujours sans renseignements précis sur l'état des négociations fusionnistes. La mission de MM. de Suguy et Merveilleux-Duvignaux à Froshdorf ne paraît pas avoir eu tous les résultats que la dépêche du Times, mentionnée dans notre dernier bulletin, pouvait lui faire attribuer, ou du moins rien de positif n'a transpiré sur les résolutions prises par le comité légitimiste dont font partie les deux honorables députés.
Plusieurs journaux bien placés pour être exactement renseignés assurent même que MM. de Suguy et Duvignaux n'avaient reçu aucune délégation et n'étaient porteurs d'aucun programme, qu'ils n'ont été faire à Froshdorf qu'un échange d'impressions et d'opinions. Faut-il attribuer toute cette obscurité à un parti pris de discrétion jusqu'au jour décisif de l'action ou bien à un embarras inavoué venant de ce qu'en réalité les difficultés pendantes ne sont pas encore résolues? En attendant l'explication de ce mystère, un journal de Montpellier, l'Union nationale, a livré à la publicité une lettre écrite par M. le comte de Chambord à M. le vicomte de Rodez-Bénévent, député de l'Hérault, et qui est ainsi conçue:
«Froshdorf, le 19 septembre 1873.
«Le sentiment qu'on éprouve, mon cher vicomte, en lisant les détails que vous me donnez sur la propagande révolutionnaire dans votre province, est un sentiment de tristesse; on ne saurait descendre plus bas pour trouver des armes contre nous, et rien n'est moins digne de l'esprit français.
«En être réduit en 1873 à évoquer le fantôme de la dîme, des droits féodaux, de l'intolérance religieuse, de la persécution contre nos frères séparés; que vous dirais-je encore? de la guerre follement entreprise dans des conditions impossibles, du gouvernement des prêtres, de la prédominance de classes privilégiées! Vous avouerez qu'on ne peut pas répondre sérieusement à des choses si peu sérieuses. A quels mensonges la mauvaise foi n'a-t-elle pas recours lorsqu'il s'agit d'exploiter la crédulité publique? Je sais bien qu'il n'est pas toujours facile, en face de ces indignes manoeuvres, de conserver son sang-froid; mais comptez sur le bon sens de vos intelligentes populations pour faire justice de pareilles sottises. Appliquez-vous surtout à faire appel au dévouement de tous les honnêtes gens sur le terrain de la reconstitution sociale. Vous savez que je ne suis point un parti, et que je ne veux pas revenir pour régner par un parti: j'ai besoin du concours de tous, et tous ont besoin de moi.
«Quant à la réconciliation si loyalement accomplie dans la maison de France, dites à ceux qui cherchent à dénaturer ce grand acte que tout ce qui s'est fait le 5 août a été bien fait, dans l'unique but de rendre à la France son rang, et dans les plus chers intérêts de sa prospérité, de sa gloire et de sa grandeur.
«Comptez, mon cher Rodez, sur toute ma gratitude et ma constante affection.