En supposant cinq hommes d'équipage pour chacun de ces bateaux, on obtient le chiffre respectable de 7,250 pêcheurs. Si l'on veut bien observer que sur toute cette partie de nos côtes, 12,000 individus au moins trouvent encore un certain salaire en ramassant les huîtres à la main à la marée basse, on en conclura que le précieux coquillage peut à bon droit être considéré comme la manne de ces populations du littoral.

Les prix des huîtres sont:

A Arcachon 20 à 25 fr. le mille.
Marennes. 30 à 35 »
Pont-l'Abbé, le Tudy 60 à 70 »
Cancale 60 à 70 »
Lézardrieux 50 à 60 »
Saint-Waast 60 à 65 »
Dunkerque (huîtres angl.) 90 à 100 »
Ostende 100 à 110 »

Nuka-Hiva

En suivant vers la gauche la rue de Taïohaé, on arrive, près d'un ruisseau limpide, aux quartiers de la reine. Un figuier des Banians, développé dans des proportions gigantesques, étend son ombre triste sur la case royale. Dans les replis de ses racines, contournées comme des reptiles, on trouve des femmes assises, vêtues le plus souvent de tuniques d'une couleur jaune d'or qui donne à leur teint l'aspect du cuivre. Leur figure est d'une dureté farouche; elles vous regardent venir avec une expression de sauvage ironie.

Tout le jour assises, dans un demi-sommeil, elles sont immobiles et silencieuses comme des idoles. C'est la cour de Nuka-Hiva, la reine Vaékéhu et ses suivantes.

Sous cette apparence peu engageante, ces femmes sont douces et hospitalières; elles sont charmées qu'un étranger prenne place près d'elles, et vous offrent toujours des cocos ou des oranges.

Elisabeth et Atéria, deux suivantes qui parlent français, vous adressent alors, de la part de la reine, quelques questions saugrenues au sujet de la dernière guerre d'Allemagne. Elles parlent fort, mais lentement, et accentuent chaque mot d'une manière originale. Les batailles où plus de mille hommes sont engagés excitent leur sourire incrédule; la grandeur de nos armées dépasse leurs conceptions.

L'entretien pourtant languit bientôt; quelques phrases échangées leur suffisent, leur curiosité est satisfaite et la réception terminée; la cour se momifie de nouveau, et, quoi que vous fassiez pour réveiller l'attention, on ne prend plus garde à vous.

La demeure royale, élevée par les soins du gouvernement français, est située dans un recoin solitaire, entourée de cocotiers et de tamaris.