Mais, au bord de la mer, à côté de cette habitation modeste, une autre case, case d'apparat, construite avec tout le luxe indigène, révèle encore l'élégance de cette architecture primitive.

Sur une estrade de larges galets noirs, de lourdes pièces de magnifique bois des îles soutiennent la charpente. La voûte et les murailles de l'édifice sont formées de branches de citronniers, choisies entre mille, droites et polies comme des joncs; tous ces bois sont liés entre eux par des amarrages de cordes de diverses couleurs, disposés de manière à former des dessins réguliers et compliqués.

Là encore, la cour, la reine et ses fils passent de longues heures d'immobilité et de repos, en regardant sécher leurs filets à l'ardent soleil.

Les pensées qui contractent le visage étrange de la reine restent un mystère pour tous, et le secret de ses éternelles rêveries est impénétrable. Est-ce tristesse, ou abrutissement? Songe-t-elle à quelque chose, ou bien à rien? Regrette-t-elle son indépendance et la sauvagerie qui s'en va, et son peuple qui dégénère et lui échappe?...

Atéria, qui est son ombre et son chien, serait en position de le savoir; peut-être cette inévitable fille nous rapprendrait-elle. Mais tout porte à croire qu'elle l'ignore, et il est possible même qu'elle ne se le soit jamais demandé.

Vaékéhu consentit avec une bonne grâce parfaite à poser pour plusieurs éditions de son portrait; jamais modèle plus calme ne se laissa examiner plus à loisir.

Cette reine déchue, avec ses grands cheveux en crinière et son fier silence, conserve encore une certaine grandeur.

Un soir, au clair de lune, comme je passais seul dans un sentier boisé qui mène à la montagne, les suivantes m'appelèrent.

Depuis longtemps malade, leur souveraine, disaient-elles, s'en allait mourir.

Elle avait reçu l'extrême-onction de l'évêque missionnaire.