L'œuvre du congrès est acceptée par l'opinion publique et elle va se poursuivre régulièrement. En 1874, sa seconde session sera tenue en Angleterre. Ce pays, en effet, a été choisi de préférence à l'Italie, la Suisse, le Portugal et le Luxembourg, qui auront plus tard leur tour. L'étude des langues hindoustaniques sera l'objet principal de ses travaux, de même que le Japon a été l'objectif du premier congrès, et que les études orientalistes en général n'y ont obtenu que la moitié du nombre des séances.

C'est le 1er septembre que le congrès a ouvert ses travaux au palais de la Sorbonne, sous la présidence d'honneur de M. l'amiral Roze, et c'est le 11 qu'il les a clos, également sous la présidence de ce savant marin. M. de Rosny, avec la haute modestie qui est un des traits de son caractère, n'a voulu présider que les séances où sa présence au fauteuil était indispensable pour mieux diriger et soutenir les débats; mais, quant aux autres séances, il a toujours cédé son fauteuil aux savants français et étrangers qui étaient davantage familiarisés avec les sujets qui en faisaient l'objet.

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M. Léon de Rosny naquit à Loos (Nord), le 5 avril 1837. Dès son enfance, il annonça ce qu'il devait être un jour par sa grande aptitude à l'étude de la grammaire, de la géographie et de l'histoire. Élève de l'École spéciale des langues orientales, il s'y distingua par sa merveilleuse facilité à l'étude des langues de l'extrême Orient et il en fut le brillant élève.

La nouvelle caserne d'infanterie de marine construite à Saïgoun.

A l'âge de vingt ans, il débuta dans la carrière de la presse politique comme rédacteur successivement de la Presse, le Courrier du dimanche et le Temps. Il fit aussi la correspondance politique quotidienne de plusieurs journaux étrangers. Cette même année 1857, il reçut, pour services politiques, la décoration du Lion et Soleil de Perse, et, peu après, la médaille d'or de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg. M. de Rosny a été décoré depuis d'un grand nombre d'ordres étrangers.

En 1858, le ministre de l'instruction publique l'envoya en Angleterre pour la composition d'un grand Dictionnaire japonais--français--anglais. Cette même année, il fonda la Revue orientale américaine (première série, 10 volumes in-8°), et, en 1859, il fonda la Société d'ethnographie, belle institution dont il est resté secrétaire jusqu'en 1873, époque à laquelle les suffrages des membres l'appelèrent aux fonctions de président.

En 1861, un fragment de son Histoire de la langue chinoise lui valut, au concours Volney, le grand prix de 1,200 francs. Nommé premier interprète de la légation de France à Yedo, il fut chargé, en 1862, par le ministère des affaires étrangères, d'accompagner la première ambassade japonaise en Europe et il voyagea avec elle en Hollande, en Prusse et en Russie.

Une chaire de japonais manquait à l'École des langues orientales. En 1863, M. de Rosny y fut appelé comme professeur libre. Cette même année il fonda le Comité d'archéologie américaine, et, en 1865, la société de l'Athénée oriental, la jeune et brillante rivale de la Société asiatique de Paris. Cette même année, 1865, M. de Rosny fut chargé de traduire en chinois, pour le gouvernement espagnol; le traité conclu par cette puissance avec la Chine.