--Oui, pars, lui dit Ludwig à l'oreille, et combien je voudrais partir avec, toi; mais je n'ose abandonner ma mère dans cette maison que rien ne protège.
--Elle ne te laisserait pas partir, lui répondit Cypriano en se jetant dans ses bras.
CHAPITRE III
LE RETOUR DU MARI
Où Gaspardo avait échoué, un autre pouvait avoir plus de succès et Cypriano connaissait à fond la contrée environnante.
Le jeune homme quitta rapidement la vérandah.
Dix minutes après, on pouvait le voir monté sur un petit, mais vigoureux cheval, galoper à travers la plaine comme si sa vie dépendait du succès immédiat de sa tentative.
Ceux qu'il avait laissés derrière lui suivaient encore silencieusement du coeur et du regard la direction qu'il avait prise, que déjà il avait disparu à son tour.
Toute la journée ils demeurèrent sous la vérandah, et prirent à peine le temps de faire leur repas de midi. Ils ne mangèrent que pour garder des forces, dont ils se disaient qu'ils pouvaient avoir besoin. Le soleil descendit encore une fois sur la contrée, rien n'apparut dans la plaine, aucune forme ne détacha sa silhouette sur les nuages rouges qui bordaient l'horizon.
La lune brilla au ciel et ils attendaient toujours!