Les Amours parisiens, par M. Ch. Diquet. (1 vol. in-18. Dentu.)--L'auteur d'un roman dont nous parlions ici naguère, la Vierge aux cheveux d'or, M. Ch. Diquet, vient de publier sous ce titre un volume orné de gravures, qui ne vaut pas son précédent récit. J'aime peu ce genre de littérature aphrodisiaque, et ces petites historiettes de boudoir me semblent aujourd'hui des anachronismes. Trop de poudre de riz et d'eau de Lubin. Ces odeurs de Paris montent à présent à la tête et donnent la migraine. M. Biquet a certes assez de talent pour faire autre chose. Il était mieux inspiré lorsqu'il écrivait des vers pour l'Alsace et la Lorraine. Quelle idée lui a pris de recommencer, sous forme de dialogue, un roman beaucoup trop célèbre de M. Belot, et dont je ne veux même point donner le titre? Nous finirions par faire croire que de pareilles mœurs sont celles de la majorité de Paris. Laissons nos ennemis nous appeler la moderne Babylone. Il faut en rire, mais ne pas travailler, je pense, à leur donner un semblant de raison.
Histoires à sensation, par M. Pierre Boyer. (1 vol in-18. Lib. de la Société des gens de lettres.)--Voici un livre tout spécial et qui dénote un tempérament vigoureux d'observateur. M. Pierre Boyer, qui l'a signé, nous était déjà connu pour avoir publié, sous ce titre: Une brune, des scènes de la vie d'étudiant ou plutôt de carabin, qui ne manquaient pas du tout de saveur. Ce n'était pas du Murger, cela était plus réaliste; ce n'était pas du Champfleury, cela était plus artistique. On retrouvera le même talent, mais plus précis peut-être dans ces à sensation. Qu'on n'oublie pas que la plupart du temps c'est un peu un médecin qui conte. M. Boyer se déclare partisan de la littérature positive. Ce sont donc des faits et des choses vues plutôt que des choses imaginées qu'il met en scène. En ce genre, je ne crois pas qu'on puisse aller plus loin, dans la description de l'horrible, que dans le morceau que l'auteur appelle Tableau de famille. C'est la description d'un amphithéâtre d'hôpital. Je préfère de beaucoup l'admirable,--je maintiens le mot,--l'admirable épisode auquel M. Boyer a donné pour titre Un héros sans le savoir. C'est la description d'une opération faite par le professeur Velpeau sur un homme atteint du cancer des fumeurs. Il s'agit de l'ablation d'une partie de la mâchoire. Or l'homme supporte tout avec une patience incroyable, un sang-froid suprême, et se contente de dire parfois à Velpeau «avec ce qui lui reste de bouche»:--Cela va bien, continuez! La façon dont ce récit est conduit fait grand honneur à M. P. Boyer. L'opération littéraire est achevée de main de maître et l'auteur a eu raison de donner ce titre à son livre: Histoires à sensation. Il faudrait être insensible pour ne pas frissonner en le lisant.
Jules Claretie.
EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS:
Les médecins ne sont point d'accord sur ce qu'est le choléra.