Ne rions plus. L'Opéra vient de brûler. Paris a décidément le feu pour ennemi intime.

Philibert Audebrand.

LE CREUX TERRIBLE, ILE DE JERSEY.

LE POISSON-TÉLESCOPE.

NOS GRAVURES

Le Poisson-télescope

En Europe, nous cherchons, le dahlia bleu et la rose noire; en Chine, la passion de tourmenter la nature s'étend jusqu'aux animaux. Quels sont les moins; raisonnables, des Chinois où des Français? Nous ne saurions décider, mais les Chinois ont cet avantage sur nous que, fussent-ils des monstres horribles, les résultats de leur fantaisie sont utilisés par leurs décorateurs. En effet, ces grotesques, ces êtres bizarres, hors nature, peints sur leurs paravents et leurs éventails, sur leurs porcelaines et leurs laques, reproduits en bronze, sculptés dans l'ivoire et le bambou, ne sont pas des rêves de leur imagination; ils existent réellement à l'état vivant.

Au nombre de ces animaux ainsi dénaturés est la variété de Cyprins qu'un pisciculteur de Paris expose au Palais de l'Industrie, après en avoir fait l'objet d'une note à l'Académie des Sciences et lui avoir donné le nom de poisson-télescope. Ce poisson, apporté en France par un mécanicien du paquebot l'Ava ne ressemble guère aux habitants de nos eaux douces et salées. Son corps est une boule, ses nageoires sont doubles; les anales et les caudales, placées tout à fait en arrière du corps, sont disposées de telle sorte que la marche du poisson ne peut être ni facile, ni rapide, ce qui a dû contribuer à lui donner la forme globulaire. Les yeux forment au-devant de la tête une saillie très-prononcée et l'organe visuel proprement dit paraît fixé à l'extrémité de tubes membraneux, d'où le nom de poisson-télescope donné à ce cyprin.