«On doit encore enregistrer le récit publié par le professeur Lombroso, qui décrit une jeune microcéphale toute poilue exhibée en Italie en 1871.
«Maintenant que conclure de tout cela? Combien d'auteurs traitèrent cette grave et insoluble question de la génération, depuis Pline qui signalait les irrégularités de la procréation humaine; Hippocrate, basant la constitution de l'enfant sur l'état de santé de la mère; les préceptes de Lycurgue recommandant la tempérance, les sages conseils hygiéniques de Plutarque, la sobriété, et tant d'autres dont finalement les opinions se résumèrent, pour l'antiquité, dans la croyance que l'enfant était susceptible de recevoir la ressemblance de telle ou telle personne, suivant l'imagination de la mère.--De nos jours, la question n'a pas fait beaucoup de progrès, on a cependant introduit un élément nouveau, celui de la réversion. Je ne doute pas qu'il ne se produise à propos du sujet qui nous occupe, et que l'on insinue que l'Homme-Chien ne soit un retour au type de l'espèce primitive, à la suite de générations et de croisements plus ou moins nombreux.
«J'estime qu'il est peut-être plus prudent d'enregistrer tout simplement deux faits tératologiques nouveaux, sans remonter aux ancêtres directs ou collatéraux pour établir un cas d'atavisme trop éloigné. Bornons-nous donc, pour aujourd'hui, dans l'ignorance où nous sommes des ascendants de ces deux faces velues, à constater le plus sérieusement qu'il nous sera possible le cas d'hérédité directe que nous avons sous les yeux, afin de le suivre à l'occasion dans sa descendance.»
La France pittoresque
THIERS
Thiers est une petite ville de seize mille âmes environ, appartenant au département du Puy-de-Dôme. Elle occupe les dernières pentes du Besset, le long desquelles dégringolent ses rues en escaliers comme pour aller tremper dans la Durolle leurs pieds de pierre.
Cette rivière tiendrait dans le creux de la main, ce qui ne l'empêche pas de faire autant de tapage que le Xanthe poursuivant de ses eaux courroucées «le magnanime Eacide». Discrètement d'abord elle naît au pied de la colline de Noirétable et semble devoir aller bien sagement et sans faire autrement parler de soi, expirer, à cinq ou six lieues de là, dans le sein de la Dore. Mais voilà que tout à coup, en approchant de Thiers, elle s'emporte, s'élance à travers les rochers, et, sous la ville, s'engageant dans une gorge profonde, passe furieuse, en mugissant.
Colère heureuse dont les habitants de Thiers ont su tirer le meilleur parti.
En effet, si leur ville est l'une des plus curieuses et des plus pittoresques de la France, comme nous le verrons, elle en est aussi l'une des plus industrielles. Et c'est à ce dernier point de vue qu'ils ont, ces habitants bien avisés, dompté la Durolle et utilisé sa force, qui fait marcher nombre de forges et de papeteries. Le cheval échappé a été bridé et sellé; il frémit, mais il obéit à l'éperon.
La principale industrie de Thiers est la fabrication des couteaux communs et demi-fins. C'est tout un monde. Disons-en quelques mots, qui en donneront une idée.