GRAVURES

L'amiral Tréhouart.
Le procès du maréchal Bazaine: Panorama de Gravelotte et de Rezonville;
Plan de la bataille de Rezonville;
Carrières du Caveau, près de Gravelotte;
Mêlée de cavalerie à Rezonville;
Charles Gounod.
Millie-Christine ou la femme à deux têtes.
L'hiver, d'après le tableau de M. Toulmouche.
Mlle Anna Belocca.
Buste du sculpteur Brevière, récemment inauguré à Forges-les-Bains.
Histoire des Astres (4 gravures).
La statue du général Belgrano, récemment inaugurée à Buenos-Ayres.
Rébus.

HISTOIRE DE LA SEMAINE

FRANCE

La grande bataille parlementaire dont le pays tout entier attendait l'issue, s'est terminée mercredi par la victoire du cabinet et de la droite, qui l'ont emporté à une majorité de 68 voix. Cette majorité s'est prononcée pour le contre-projet Depeyre.

Aux termes de ce projet, les pouvoirs du maréchal Mac-Mahon sont prorogés pour sept années; ils continueront à être exercés par lui avec le titre de Président de la République et dans les conditions actuelles jusqu'aux modifications qui pourraient y être apportées par les lois constitutionnelles; enfin, l'examen de ces mêmes lois sera confié à une commission de trente membres nommée au scrutin de liste dans les trois jours qui suivront la promulgation de la loi.

Ce vote a eu lieu à la suite d'une discussion qui s'est prolongée jusqu'à deux heures, dans la nuit de mercredi à jeudi. Au moment où nous écrivons, les appréciations qu'il soulèvera n'ont pas encore eu le temps de se produire; nous devons donc nous borner à rappeler sommairement les phases qu'a suivies le débat depuis huit jours. On sait que le désaccord entre la majorité de la commission et la minorité portait principalement sur deux points: la durée de la prorogation, que huit membres de la majorité voulaient fixer à cinq ans au lieu de dix et la condition suspensive portant que la prorogation ne deviendrait effective qu'après le vote des lois constitutionnelles. Cette dernière disposition n'avait été adoptée par la majorité qu'à la suite d'une visite faite par la commission au Président de la République et dont nous avons rendu compte. D'une déclaration vague du maréchal en faveur des lois constitutionnelles, l'opposition avait affecté de faire un acquiescement pur et simple à ses vues; et, comme à la suite de l'entrevue de Frohsdorf, on espérait avoir résolu en équivoquant sur un malentendu. Le gouvernement a cru qu'un nouveau Message présidentiel était nécessaire pour préciser la situation, et au moment où M. Laboulaye allait soutenir le rapport de la commission, M. le duc de Broglie montait à la tribune pour donner lecture de ce Message, qui repoussait par avance les conclusions du rapport. Ce coup de théâtre inattendu a indubitablement contribué à mettre fin à bien des hésitations. Malgré l'attitude décidée de la commission qui a déclaré maintenir le rapport dans son texte primitif, malgré les efforts des membres de l'opposition, malgré l'abstention du groupe bonapartiste et de quelques-uns des membres de l'extrême droite, le gouvernement l'a emporté, comme nous l'avons dit plus haut, après une des discussions les plus ardentes dont la Chambre nous ait encore donné le spectacle. Il faut lire dans son entier ce débat mémorable dont nous renonçons à donner l'analyse; constatons, seulement, en terminant, que la doctrine de l'appel au peuple a subi, dans cette même journée, un échec dont elle mettra longtemps à se relever, car elle n'a pu réunir en tout que 88 voix.

Le Temps donne un tableau très-intéressant des chiffres du scrutin du 19 novembre comparé à ceux du 5 novembre. Au 5 novembre la proposition de M. Dufaure a été repoussée par 365 voix contre 348. La majorité gouvernementale était de quatorze voix. Le 19, l'article 1er du projet de loi Depeyre a été voté par 383 voix contre 317; la majorité s'est donc élevée au chiffre de 66 voix.

Voici les noms des membres du centre gauche qui, le 5 novembre, ont voté pour la motion Dufaure et qui le 19, en revanche, ont voté avec la majorité de la droite. Ce sont MM. Alfred André (Seine), Bompard, Cézanne, général de Chabron, du Chaffaut, Couin, Houssard, de Leslapis, Marchand, Michel, Max-Richard, Piccon, Pourtalès, Saint-Pierre (Calvados), Sebert, Voisin. Total, 16.

Se sont abstenus dans le même groupe les membres dont les noms suivent et qui, le 5 novembre, avaient voté pour la motion Dufaure: MM. Bérenger, Bergondi, Brice (Ille-et-Villaine), Casimir Périer, général Chareton, Gailly, Michel-Ladichère, Wolowski. Total, 8.