Dans la nuit du 22 au 23 novembre, vers deux heures, un terrible abordage a eu lieu en mer entre le paquebot-poste français la Ville-du-Havre, venant de New-York, et le Lock-Earn, navire anglais en fer, s'y rendant. Le choc, qui fut terrible, eut les plus funestes conséquences. Abordée par le travers de sa machine, la Ville-du-Havre eut ses tôles de bordage défoncées, et, l'eau envahissant le paquebot, il coula en moins de douze minutes, entraînant avec lui dans l'abîme de nombreuses victimes. En effet, sur 305 personnes qui se trouvaient à bord, 136 passagers et 169 hommes d'équipage, 217 ont péri. Les 88 autres, y compris le capitaine Surmont, ont été recueillies par le Lock-Earn d'abord, puis par le Fly-Mountain qui les débarqua à Cardiff.
La Ville-du-Havre, que représente notre dessin (l'ex-Napoléon III transformé), était l'un des plus grands paquebots transatlantiques français. D'une capacité approximative de 5,871 mètres cubes, il avait été, au commencement même de cette année, l'objet d'importantes améliorations, qui en avaient fait, en même temps que le plus considérable, le plus beau de nos vapeurs. La Ville-du-Havre était en fer et pourvue d'une hélice. Sa valeur est estimée à cinq millions de francs.
TERRE DE DÉSOLATION
Le glacier de Sermitualek dans la mer polaire.
Le paquebot transatlantique, Ville-du-Havre, coulé en pleine mer le 22 novembre.
Un parlement Groenlandais.
Gravure extraite de la Terre de désolation,
par le docteur J. J. Hayes. (Librairie Hachette et Cie.)