Le cartouche de la face principale de la pierre funéraire porte cette simple inscription; Aux gardes mobiles de l'Ardèche. On lit sur la face opposée: Vernon, 22-26 novembre 1870. Sur les faces latérales sont gravés les noms des glorieuses victimes auxquelles le monument est consacré. C'est d'abord, à droite: Rouveure, capitaine; Réal, Cordai, Forestier, Pourrai; et à gauche: Leydier, lieutenant; Brios, Crouzé, Morel, Tracot.
Les armes de la ville de Vernon et celles de Privas, le chef-lieu du département de l'Ardèche, sont sculptées sur le socle de la pyramide, qui est également orné de croix et de palmes enlacées.
Monument élevé à la mémoire des mobiles de l'Ardèche,
morts pendant la guerre, à Vernon. L'inauguration, favorisée par un temps superbe, a eu lieu en présence d'une délégation des mobiles de l'Ardèche, à la tête de laquelle marchait M. de Guibert, le brave commandant du 1er bataillon. A l'issue d'un service religieux célébré à Notre-Dame de Vernon, le cortège, escorté par les troupes de la garnison, s'est dirigé vers l'avenue de l'Ardèche, au milieu d'un concours immense de population. Après la bénédiction du monument, M. Lemarchand, maire de Ver non, a prononcé un discours au nom de la ville. Le commandant de Guibert lui a répondu au nom de ses intrépides compagnons d'armes; puis M. le baron Sers, préfet de l'Eure, a prononcé une courte allocution.
L'amiral la Roncière le Noury et M. Besnard, député de l'Eure, le duc d'Albuféra, conseiller général du département, etc., assistaient à cette pieuse et patriotique cérémonie, qui est venue confirmer ces paroles que prononçait naguère l'honorable comte Rampon, député de l'Ardèche: «En Normandie, on se souviendra toujours des mobiles de l'Ardèche».
Jacques Grancey.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
Le Roman de la Marseillaise, par M. Alexandre Fourgeaud.--Sous ce titre, l'auteur a raconté une sorte d'idylle amoureuse qui se déroule en pleine Révolution française, et, entre temps, il a présenté au public la figure de ce Rouget de Lisle qui composa la Marseillaise, qui l'improvisa, poussé par le souffle patriotique, et qui, plus tard,--dit-on,--trouva des rimes encore pour saluer (le croirait-on?) l'entrée du czar à Paris, il y a loin de 1792 à 1815. M. Fourgeaud a écrit là un roman intéressant et vigoureux. C'est un livre dramatique et (ce qui est un titre par le temps qui court) c'est aussi un livre honnête.
Ce qu'on dit pendant une contre-danse, par M. Ch. Narrey. (1 vol. Dentu.)--M. Ch. Narrey, l'auteur de cette jolie comédie du Gymnase, Comme elles sont toutes, a entrepris d'écrire ce qu'on dit pendant une contre-danse. On dit bien des choses. On soupire bien des banalités, on murmure bien des paroles insinuantes, on aiguise bien des méchancetés. M. Narrey a saisi au passage toutes ces paroles, noté tous les types qui s'agitent dans un salon et toutes les petites intrigues qui tournoient ou gambadent dans un quadrille. C'est sous forme de dialogue qu'il nous présente ces observations ironiques et fines. De spirituels dessins accompagnent le texte, qui n'avait pas besoin d'un tel secours pour être curieux et pittoresque. Il y a chez M. Narrey un observateur piquant et même mordant, un satirique sans aigreur qui se moque gaiement des ridicules et nous fait rire des sottises des autres. C'est la meilleure façon pour chacun d'éviter ses propres sottises.