«Le dictateur Castelar espère-t-il pouvoir consolider la République fédérale, ce rêve de quelques milliers d'insurgés qui croient qu'on transforme une monarchie en république, comme on résout un problème d'algèbre? C'est bien douteux. Pour arriver à ce but, il lui faut de l'argent; le trésor n'en a point et le crédit lui fait défaut.--Il s'est réservé le droit de destituer les ayuntamientos des provinces et les municipalités; mais le jour où il portera une atteinte à ces libertés, dont les populations des provinces sont si jalouses à bon droit, ce jour-là il aura tout le pays contre lui. Pour ces motifs et pour bien d'autres, la République fédérale est loin de pouvoir s'établir encore en Espagne.

«Il est un quatrième parti qui se cache dans l'ombre, paraissant ne pas conspirer et qui pourtant s'agite sans bruit et sans armes; c'est celui du prince Alfonse, fils et héritier de la reine Isabelle. Il ne veut pas arriver au pouvoir par ses propres forces, mais il compte beaucoup sur la force des événements. Le maréchal Serrano a été appelé à Madrid par Castelar; est-ce pour travailler à la consolidation de la République? Personne ne le pense en Espagne. Serrano est un en-cas que s'est réservé Castelar pour le jour où ses efforts républicains lui faisant défaut, il abandonnera, à son tour, le pouvoir, comme ont fait Orense, Pi y Margall, Figueras et Salmeron. Tout porte à croire qu'alors il mettra le fardeau de l'État sur les épaules du maréchal. Celui-ci acceptera-t-il cette transmission d'un pouvoir in extremis? Cela est possible et même probable; mais, dans tous les cas, ce ne sera jamais pour consolider une république quelconque.

«On peut donc, ajouta le docteur, considérer dès à présent, comme morte, la République en Espagne, et le rétablissement de la monarchie comme inévitable.»

ALMANACH DE L'ILLUSTRATION
POUR 1874

(Trente et unième année)

L'Almanach de l'Illustration pour 1874 forme un bel album grand in-8°, magnifiquement illustré et doré sur tranches.--Prix: 1 fr.; par la poste, 1 fr. 25 c.

ÉVÉNEMENTS DE CUBA.--Exécution de l'équipage du Virginius, à Santiago de Cuba.

VIOLETTES