Il y a deux mois, nous avons vu plusieurs fabricants de machines à coudre faire grand bruit avec les récompenses qu'ils avaient obtenues à l'Exposition de Vienne. Sans vouloir diminuer en rien la valeur attachée aux médailles de progrès et à celles de mérite, que ces maisons ont affichées, il nous sera permis de leur opposer une maison qui a été l'objet de distinctions tout exceptionnelles, dont elle s'est peu vantée. C'est la Compagnie Wheeler et Wilson, de New-York (qui a son siège à Paris, chez M. H. Séeling, 70, boulevard Sébastopol).

Cette importante Compagnie, en outre des médailles de progrès et de mérite qui lui ont été décernées, a seule été recommandée par le jury international pour le grand diplôme d'honneur. Et dernièrement M. Nathaniel Wheeler, président de cette Compagnie, a été décoré de l'ordre de François-Joseph, comme récompense de services éminents rendus à l'industrie de la machine à coudre,--la seule décoration accordée à Vienne à un fabricant de machines à coudre.

Cette double distinction place évidemment la Compagnie Wheeler et Wilson au-dessus de toutes les compagnies rivales, et comme à Paris en 1867, où l'unique médaille d'or pour ce genre de fabrication lui a été décernée, elle a remporté la victoire sur tous ses concurrents.

LA NATURE

REVUE DES SCIENCES EN 1873

La nouvelle publication que M. G. Tissandier a fondée cette année, avec le concours de nombreux écrivains scientifiques, a obtenu de la part du public l'accueil dont elle était digne. Nous sommes persuadé que le premier volume qui vient de paraître, et qui comprend le tableau du progrès en 1873, comptera parmi les livres les plus appréciés de l'époque du jour de l'an. Les principaux collaborateurs de La Nature: MM. le Dr. Bertillou, H. Blerzy, Ch. Boissay, Bontemps, P.-P. Dehérain, C. Flammarion, W. de Fonvielle, C.-M. Gariel, F. Garrigou, J. et M. Girard, A. Guillemin, Dr. Joly, S. Meunier, E. Margollé, E. Menault, Vignes, Zurcher, etc., sont trop connus du public pour que nous ayons à faire l'éloge de leurs travaux. Nous préférons emprunter à La Nature la description fort intéressante de la nouvelle bouée de sauvetage à lumière inextinguible, dont un de nos compatriotes, M. Silas, est l'inventeur.

Nouvelle bouée de sauvetage lumineuse (système Silas).
Gravure extraite du journal la Nature.

Cette bouée est formée, comme l'indique la gravure contre, d'une sphère métallique contenant du phosphure de calcium. Un homme tombant à la mer pendant la nuit, on jette à la surface de l'eau la bouée Silas. L'eau pénètre dans la sphère creuse, décompose le phosphure de calcium donnant naissance à un dégagement abondant d'hydrogène phosphoré. Ce gaz s'échappe par un tube supérieur, mais il a la propriété remarquable de brûler spontanément au contact de l'air, sans que l'eau puisse l'éteindre. Une flamme vive, brillante éclaire le naufragé et le guide tandis qu'il serait irrévocablement perdu si nulle lumière n'apparaissait au milieu des ténèbres!

La Nature abonde en faits de ce genre, elle nous donne l'exposé complet des événements scientifiques récents, des découvertes importantes, ses belles et nombreuses illustrations en font une publication éminemment attrayante, et digne à tous égards des plus grands éloges.