COMÉDIE-FRANÇAISE.--«Thermidor» drame en quatre actes, de M. Victorien Sardou.--La scène entre Labussière (Coquelin) et le Pourvoyeur, au 1er acte.

COMÉDIE-FRANÇAISE.--«Thermidor», drame en quatre actes, de M. Victorien Sardou.--Fabienne (Mme Bartet) quittant la Conciergerie pour marcher à l'échafaud (4me acte).

LA MORT DU ROI KALAKAUA

LE ROI DAVID KALAKAUA

Le souverain de l'archipel hawaïen, qui vient de mourir à San-Francisco où il s'était rendu pour rétablir sa santé compromise, était né le 16 novembre 1836; il avait cinquante-quatre ans, et régnait depuis quinze ans.

Cette mort, qui en tout autre temps eût passé inaperçue du public, peut avoir de graves conséquences et précipiter des événements que tous ceux qui sont au courant des choses de l'Océanie sentent prochains. Depuis vingt ans, deux grandes successions sont ouvertes, et l'Europe se les dispute: l'Océanie d'une part, l'Afrique de l'autre. Les terres riches et fertiles que baigne l'Océan Pacifique éveillent les convoitises des grandes puissances. La race indigène qui les peuple s'éteint lentement au contact de la civilisation. La France, l'Angleterre et l'Allemagne ont pris pied sur cette insulaire partie du monde, dont la superficie habitable dépasse celle de l'Europe; solidement assises, la France à Tahiti, aux Marquises, à la Nouvelle Calédonie, l'Angleterre en Australie, à la Nouvelle-Zélande et dans la Nouvelle-Guinée, l'Allemagne sur la terre de l'empereur Guillaume et dans l'archipel Bismarck, elles attendent les événements. Elles ne sont pas seules. De San-Francisco, reine du Pacifique, les États-Unis surveillent la Polynésie et ont déjà fait du tropical royaume hawaïen une station maritime et une dépendance commerciale de la grande République, dont 2,100 milles marins la séparent. Ses missionnaires ont civilisé ces îles, ses colons les ont peuplées, ses capitaux en ont développé les ressources, ses lignes de paquebots ont relié l'archipel au continent, son commerce l'enrichit, et Honolulu, capitale du royaume, est devenue la Nice océanienne des valétudinaires et des millionnaires les États du Pacifique.

Si le gouvernement américain hésite devant une annexion plus complète, si ses hommes d'État reculent devant la tentation de fonder, en dehors du continent, un État nouveau, il n'en est pas de même des colons américains établis dans l'archipel, des fils de colons qui y sont nés, et qui verraient dans cette annexion un retour à leur nationalité, une source de fortune, une plus-value de leurs terres, de grands débouchés assurés à leurs produits, une immigration importante. Depuis un demi-siècle, l'histoire du royaume hawaïen est celle de la lutte sourde soutenue par l'élément indigène contre les tendances annexionnistes des colons américains.

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