François 1er, Charles IX et Henri III essayèrent par de nombreuses ordonnances de mettre fin à ces méfaits, mais inutilement.

De même, bien plus tard, en 1789, le gouvernement crut devoir les proscrire comme portant atteinte à la dignité humaine; malgré cela ils n'en continuèrent pas moins à être de toutes les fêtes populaires et à rire bravement au nez de la loi.

Mais l'époque moderne est arrivée, le masque va se transformer entièrement.

Les premiers masques étaient en bois ou en écorce de bois, le cuir vint ensuite; puis la cire. Le bois en était souvent doublé de cuivre, d'airain ou d'argent, surtout pour les masques de théâtre, dans le but d'augmenter la sonorité et la résonance de la voix; ils étaient en quelque sorte l'exagération de la figure humaine dont ils essayaient cependant de se rapprocher. Les masques de cuir durèrent peu et ne tardèrent pas à être remplacés par ceux de cire qui, eux-mêmes, ne durèrent pas longtemps.

A notre époque différents éléments servent à le fabriquer. On fait des masques en étoffe, en toile sans cire, ou en toile avec cire, en toile métallique. Les étoffes employées sont: la percale, les étoffes à dessins, la satinette, le satin de toutes qualités et de toutes couleurs, le velours, la dentelle, le tulle, les paillettes; mais le plus généralement le masque actuel est en carton.

On emploie pour cela quatre qualités de carton: le gris, le blanc, le demi-fin; ainsi nommés, cela se comprend, d'après leurs qualités. On se sert enfin de ce qu'on appelle le masque fort pour fabriquer les pièces exceptionnelles qui ont besoin d'offrir une plus grande résistance.

Nous n'insisterons pas sur les manipulations que nécessite la fabrication d'un masque: nous dirons simplement que la feuille de carton plus ou moins ramollie par l'humidité est appliquée contre les parois d'un moule, dont, une fois sèche, elle doit reproduire l'empreinte: cette manipulation exige beaucoup d'adresse et d'habitude et la possession d'un matériel spécial, très nombreux, puisqu'il faut autant de moules que l'on veut faire de formes différentes de masques.

Chaque masque est ensuite placé, pour recevoir la couleur, sur un moule en relief en carton fort.

On passe d'abord une couche de couleur chair claire, délayée avec de la colle de peau afin de donner de la raideur au carton. Cette première couche étant sèche, on en passe une seconde définitive et nuancée suivant le caractère qu'aura le masque; ensuite, avec un tampon de laine, on met du rouge au front, aux joues, au menton, etc.; les sourcils, cils, barbes et moustaches sont peints avec des couleurs très fines délayées dans de la gomme arabique: puis, sur le tout, on étend un encollage à la colle de pâte destinée à empêcher les taches, puis un vernis à l'alcool.

Enfin, lorsque toutes ces opérations sont terminées, on perce les yeux, les narines, la bouche, avec des emporte-pièces.