Les meilleurs élèves de Hampton et de Carlisle sont renvoyés dans les tribus pour y faire de la propagande, mais la plupart préfèrent revenir habiter auprès de l'école pour exercer leur métier. Et peu à peu, par la fréquentation des deux sexes, on voit, à l'âge de la puberté, sous l'influence de l'éducation, s'éveiller au cœur des jeunes sauvages les premières tendresses naïves de l'amour civilisé.

Le capitaine Pratt m'a donné à lire la confidence qu'il avait reçue d'un amoureux comanche.

«Longtemps passé dans Territoire Indien, moi chasser, moi faire la guerre. Moi, pas penser aux filles. Alors, toi, capitaine, tu me conduis à Hampton. J'apprends parler «américain». Tout le monde bon pour moi. Moi j'étudie, moi j'apprends! travailler. Là beaucoup de filles belles et bonnes.

Mais moi, pas penser aux filles. Alors moi je tâche faire bien. Je travaille fort. Tu m'envoies territoire indien chercher filles et garçons indiens.

J'ai amené quinze. Je vois tout mon peuple, tous mes vieux amis. Mais moi, pas penser aux filles.

Mais Laura, elle, pense. Elle me dit elle sera une femme pour moi. Je l'amène vers toi à Carlisle.

Elle apprend parler «américain». Elle étudie, elle coud. Maintenant le père de Laura parti aux terres de chasse du Grand-Esprit (mort). Moi, je! pense, je pense tout le jour, je pense toute la nuit: qui va prendre soin de Laura? Et après, je pense: moi je travaillerai à Carlisle. Je travaillerai fort et je prendrai soin de Laura.»

Laura! Une comanche du nom de Laura! N'est-ce pas la fin de tout?

Voici maintenant un Pétrarque peau-rouge, tel qu'il se peint lui-même dans une lettre d'amour(!) tombée aux mains d'un surveillant d'atelier.

«Miss... j'ai dit: je t'aime. J'ai besoin t'écrire.