L'assemblée a ratifié par ses acclamations la nomination de son nouveau président.
M. Billotte a fait savoir ensuite que MM. Carolus Duran, Dalou et Bracquemond ont été élus vice-présidents par la délégation; après quoi, M. Dubufe a exposé la situation actuelle et les projets de la Société.
L'assemblée a accueilli par des applaudissements l'annonce faite que le jardin serait aménagé pour l'exposition de sculpture et s'est séparé après un vote manifestant sa pleine confiance dans le nouveau président.
Le Conseil supérieur des colonies.--
Depuis plusieurs années, le conseil supérieur des colonies ne s'était pas réuni. M. Etienne, sous-secrétaire d'État, vient de le convoquer pour lui soumettre deux projets d'une réelle importance.
L'un de ces projets concerne l'organisation politique et administrative de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Réunion. L'exposé des motifs de la loi proposée par le sous-secrétaire d'État dit qu'il y a lieu d'accorder, sans plus tarder, le régime du droit commun à ceux de nos établissements d'Outre-Mer qui sont en situation d'en recueillir les bénéfices et dont l'état social se rapproche le plus de celui de la Métropole. La Martinique, la Guadeloupe et la Réunion sont donc tout indiquées pour fournir un type nouveau d'organisation coloniale et échapper au régime des décrets, en vigueur jusqu'ici.
En vertu de cette nouvelle organisation, les gouvernements deviennent les chefs actifs de toute l'administration; ils sont assistés d'un secrétaire général. Ils disposent des forces de terre et de mer et peuvent, en cas de besoin, requérir les forces navales de passage dans les eaux de leur gouvernement, le commandant en chef restant juge, toutefois, de la suite qu'il convient de donner à ces réquisitions. Mais il est expressément établi que le caractère du gouverneur est essentiellement civil, et qu'en aucun cas et sous aucun prétexte il ne peut prendre le commandement des troupes.
L'autre projet présenté par M. Etienne est relatif à l'Indo-Chine. Il fixe à Hanoï la résidence du gouverneur général et supprime le conseil supérieur de l'Indo-Chine. Un conseil du protectorat, dont feront partie les hauts fonctionnaires au Tonkin et en Annam, et quelques-uns des fonctionnaires annamites désignés par le gouverneur général, sera institué à Hanoï.
La représentation de «Thermidor.»
-Les beaux jours de Rabagas sont revenus. Lundi dernier, un certain nombre de spectateurs, ou plutôt de manifestants, se sont mis en tête d'empêcher les comédiens du Théâtre-Français de continuer les représentations de la pièce de M. Sardou, Thermidor, en essayant de couvrir la voix des acteurs par le bruit des sifflets et des hurlements variés. On a même été jusqu'à jeter des sous sur la scène, et un de ses projectiles a failli blesser M. Coquelin, qui est rentré, dit-on, dans les coulisses fort surexcité. A la sortie, les manifestants qui ne veulent pas qu'on touche à Robespierre, quelque peu malmené par l'auteur, se sont organisés en tribunal révolutionnaire et ont proclamé, au milieu de la rue, la condamnation sans appel, non seulement de l'auteur, mais du directeur des Beaux-Arts, qui a autorisé la pièce, et de M. Claretie qui l'a soumise au public.