Bien intéressante aussi certaine lettre de Gustave Courbet à Champfleury datée du lendemain de la guerre d'Italie et où le peintre, abandonnant son Combat de cerfs, qu'il vient d'achever, écrit à son ami:
«Enfin, voici du très scabreux. Je finis l'Amour et Psyché que vous connaissez, avec de légères additions. Ensuite j'ai envie de leur faire un tableau de la guerre, soit le cimetière de Solférino ou autre tuerie au second plan, puis, au premier plan, deux de leurs soldats qui se distinguent le plus dans ce genre d'exercice: un turco et un zouave. Ces deux bêtes fauves courraient comme deux vampires emportant avec eux des têtes d'Autrichiens au bout de leurs bayonnettes, puis des dépouilles, le tout au crépuscule; les dents du nègre éclaireraient la campagne.»
Eh bien, voilà un homme qui ne saurait être soupçonné--comme David--d'avoir mis son talent au service de la gloire militaire. Il n'aime vraiment pas la guerre, Gustave Courbet, mais il a une manière de la faire haïr qui sent déjà son Ode à la Colonne.
Dans une autre lettre Courbet dit à Champfleury qu'il n'aime pas l'empire, qu'il veut la France libre (et il a raison); mais il ajoute: «Autrement, si je ne considère que moi-même, ce gouvernement fait mon affaire admirablement, il me donne l'orgueil d'être une personnalité!»
Comme les lettres intimes éclairent un caractère! Je ne penserai plus à Courbet sans songer à ces deux petites missives-là.
Mais je m'aperçois que je vous ai peu parlé de Paris. C'est qu'à Paris il n'y a rien de nouveau, si ce n'est la fin de ce froid noir qui nous attristait et désolait--quand il ne les tuait pas--les pauvres diables.
La presse a fait acte d'union en oubliant l'odieuse, 'absurde, l'inique politique, et en se réconciliant pour un jour dans une œuvre de charité. Sans distinction d'opinion, elle a ouvert une souscription publique. Mais le souscripteur le plus important c'est (jusqu'ici) le soleil qui s'est inscrit dès la première liste et comme suit:
Tous mes rayons de soleil. Total: La santé.
On lui a fait le meilleur accueil.
Rastignac.