Edition nouvelle ornée de nombreuses illustrations.
On sait quel beau succès accueillit l'an dernier le roman astronomique de M. Flammarion. L'édition nouvelle qui paraît aujourd'hui, illustrée par Emile Bayard, Bider, Falero, Gambard, Myrbach et Riou, ne peut manquer de le lui renouveler.
Nous n'entreprendrons pas d'analyser ce livre. Laissez-vous, dirons-nous au lecteur, guider par Uranie elle-même, la séduisante muse du ciel, laissez-vous initier par elle aux grands problèmes de l'immensité, puisqu'elle ne se refuse pas, M. Flammarion aidant, à nous prendre, pauvres profanes, sur ses ailes de flamme et à nous emporter dans les sphères. Et pour cela, écoutez son conseil:
«Il faut se dégager entièrement des sensations et des idées terrestres pour être en situation de comprendre la diversité infinie manifestée par les différentes formes de la création. De même que sur votre planète les espèces ont changé d'âge en âge, depuis les êtres si bizarres des premières époques, époques géologiques, jusqu'à l'apparition de l'humanité, de même que maintenant encore la population animale et végétale de la terre est composée des formes les plus diverses, depuis l'homme jusqu'au corail, depuis l'oiseau jusqu'au poisson, depuis l'éléphant jusqu'au papillon; de même, et sur une étendue incomparablement plus vaste, parmi les innombrables terres du ciel, les forces de la nature ont donné naissance à une diversité infinie d'êtres et de choses... Les formes, les organes, le nombre des sens, dépendent des conditions vitales de chaque sphère; la vie est terrestre sur la terre, martienne sur Mars, saturnienne sur Saturne, neptunienne sur Neptune, c'est-à-dire appropriée à chaque séjour, produite et développée par chaque monde selon son état organique et suivant une loi primordiale à laquelle obéit la nature entière: la loi du progrès.»
Ainsi parle Uranie, et vous pensez bien qu'en parlant ainsi, elle franchit à tire d'aile des millions, des billions et des trillions de lieues. Malgré cela, le voyage n'est pas long, il ne le paraît pas du moins, et laisse le temps aux illustrateurs de prendre en route de charmants croquis de toutes les flores de tous les paysages que l'on voit sur la route.
NOTES ET IMPRESSIONS
O l'heureux temps que celui où chacun peut penser ce qu'il veut et dire ce qu'il pense!
Tacite.
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