Le 1er février, une autre dépêche annonçait que tout était rentré dans l'ordre.

On assure que ce mouvement avait été combiné pour éclater simultanément à Lisbonne, Oporto et d'autres villes dont les garnisons eussent été secondées par les républicains. Mais les meneurs d'Oporto auraient devancé la date parce qu'ils se croyaient découverts.

Les Républiques Américaines.--Les événements du Chili.--La situation au Chili est toujours grave. Les insurgés ont gagné du terrain, et, depuis le commencement des hostilités, ils ont reçu chaque jour de nombreuses adhésions. En même temps, on signale un mécontentement extrême parmi les troupes restées fidèles au gouvernement et on pense qu'elles se révolteront, si les pourparlers, engagés en vue d'un accord entre le président Balmuceda et le Congrès, n'aboutissent pas. Or, tout fait supposer que les négociateurs qui se sont chargés de cette œuvre de conciliation ne réussiront pas.

Les représentants des insurgés font remarquer d'ailleurs que la responsabilité des événements retombe sur le président, qui, ainsi que nous l'avons raconté, s'est refusé à accepter les résolutions votées par les Chambres, et ils déclarent qu'il est le seul auteur de l'insurrection puisqu'il s'est mis en révolte ouverte contre la Constitution.

D'après une correspondance adressée au Times, on le tient pour personnellement responsable des fonds publics actuellement dépensés, et cela en raison de la décision qu'il a prise de décréter ces dépenses de son autorité privée, alors que les Chambres avaient refusé le vote du budget. Le directeur général du Trésor à Santiago aurait fait savoir, en effet, au président Balmuceda, que, dans les circonstances présentes, il ne reconnaissait plus la qualité légale aux mandats du gouvernement.

Le président a concentré à Santiago et à Valparaiso les troupes qui lui sont restées fidèles et on s'attend d'un moment à l'autre à une bataille décisive.

Guatemala et San-Salvador.--Les choses se gâtent de nouveau dans l'Amérique centrale. D'après des nouvelles de Mexico, le Guatemala équiperait, en ce moment, une armée de 25,000 hommes, dans le but de déclarer la guerre au Salvador, dans la deuxième quinzaine de février.

Le Honduras serait résolu à empêcher les républiques de Costa-Rica et du Nicaragua d'intervenir. Dans le cas de non-intervention de ces États, le Honduras attaquerait également le Salvador.

Tribunaux.--La fuite de Padlewski.--On se rappelle que, sur l'appel interjeté par M. de Labruyère, la Cour, infirmant le jugement du tribunal correctionnel, prononça l'acquittement pur et simple, par le motif qu'il n'était pas prouvé que l'individu conduit à la frontière sous le nom de Wolf fût réellement Padlewski.

A la suite de cet arrêt, l'affaire de M. Grégoire et de Mme Duc-Quercy, condamnés aussi pour avoir coopéré à l'évasion du meurtrier du général Seliverstof, est venue également devant la Cour, qui cette fois a confirmé le jugement de condamnation. Il y a là une contradiction faite pour dérouter les esprits et pour ajouter à la confusion qui règne sur toute cette affaire, dont on ne connaîtra le fin mot que lorsque Padlewski, couvert par la prescription, voudra bien faire savoir lui-même les détails de son incroyable évasion.