Parmi les radicaux il faut citer encore le colonel Edouard Muller, président de la ville de Berne, s'occupant surtout des questions militaires; M. Joseph Stockmar, conseiller d'État bernois, esprit très caustique et très mordant; M. Favon, publiciste et orateur émérite, ancien président du Conseil national, et l'un des chefs du parti radical genevois.
Parmi les conservateurs on remarque M. Decurtins, socialiste-catholique; M. Ador, président du conseil d'État genevois, financier très capable.
Parmi les ultramontains mentionnons M. Pedrazzini, le chef du catholicisme tessinois, esprit vif et jésuitique; il ne fait plus partie du conseil national depuis 1890; M. Python, conseiller d'État fribourgeois, et créateur de l'université catholique.
M. Curti, rédacteur en chef de la Zurcher-Post, est aussi le chef du parti socialiste au conseil national et de plus excellent orateur.
Enfin M. Yoos (Schaffhouse) est inclassable; c'est un original, un interrupteur; on l'a appelé l'homme-motion, et en effet il n'y a guère de séance où il ne dépose les motions les plus fantaisistes. D'ailleurs il ne réussit jamais à rallier ses collègues à ses vues.
Les deux Chambres suisses siègent à Berne dans des grands bâtiments sans caractères aucun. On dirait que les architectes se sont dit qu'en présence de l'incomparable nature qui entoure la capitale de la Confédération, il était inutile d'orner des vestibules et de peindre des hémicycles. Et, de fait, ils ont eu raison; il n'y a pas de statues, pas de fresques, qui puissent lutter avec la vue de la Jungfrau et les députés suisses n'ont qu'à se mettre à la fenêtre pour voir les immortelles beautés qui leur font facilement comprendre l'insanité des luttes politiques et l'inanité des discours.
P. Artout.
NOTES ET IMPRESSIONS
J'ai entendu bien des discours; j'en ai entendu quelques-uns qui ont changé mon opinion, jamais un seul qui ait changé mon vote.
Disraeli.