L'agitation est toujours très grande dans la République Argentine, et on craint qu'elle ne prenne un caractère inquiétant, car la situation financière qui pèse sur le pays peut amener d'un jour à l'autre des troubles dont on ne peut prévoir la portée.
Le gouvernement, disent les dernières dépêches, redoute une insurrection. Les troupes ont été consignées dans les casernes et on a proclamé l'état de siège à Buenos-Ayres.
Enfin, pour compléter ce tableau assez sombre, mais qui peut prendre un aspect plus riant d'un moment à l'autre--car les changements en bien comme en mal se produisent vite dans les républiques américaines--on prétend que les choses marchent médiocrement au Brésil, où, là aussi, on s'attendrait à des troubles plus ou moins prochains.
La Société des artistes français.--Le comité des quatre-vingt-dix s'est réuni, sous la présidence de M. Bailly, à l'effet d'arrêter les termes du règlement pour le Salon de 1891.
Le règlement de la section de peinture a été voté par 42 voix contre 24 et 4 abstentions, sur 70 membres présents. En somme, la constitution du jury reste telle qu'elle a été indiquée précédemment, avec cette adjonction que le président du comité de peinture sera président du jury.
La décision la plus importante est celle qui concerne le nombre des tableaux qui seront admis au Salon. Ce nombre, aux Expositions précédentes, était de 2,500; il va être réduit à 1,800. Les membres du comité ont fait valoir à ce sujet que, si l'on tient, compte des 6 à 700 tableaux que la Société dissidente entraînera au Champ-de-Mars, cette réduction ne saurait provoquer chez les artistes des mécontentements justifiés.
Les modifications sur les droits d'entrée ont été votées à l'unanimité. Elles reportent à dix heures du matin, au lieu de midi, le droit d'entrée au prix d'un franc. Les jours ordinaires on paiera deux francs de huit heures à dix heures, et un franc à partir de dix heures.
Il n'a été nullement question de supprimer, comme le bruit en a couru, les entrées gratuites, le dimanche. Comme par le passé, les visiteurs seront admis gratuitement, ce jour-là, à partir de midi.
On sait déjà que des dispositions seront prises pour rendre plus attrayants les aménagements des Salons du Palais de l'Industrie.
Nécrologie.--M. Albert Lenoir, architecte du musée de Cluny, membre de l'Institut.