A ce point de vue le projet que M. Viard, un ancien explorateur du Dahomey, va mettre à exécution, doit être signalé. M. Viard va procéder à l'établissement d'un wharf qui sera construit à Kotonou, dans un intérêt commercial, mais qui en même temps pourra rendre de réels services si une nouvelle expédition dans le pays était nécessaire.
Ce wharf, en effet, assurera d'une façon constante, sur la côte du Bénin, les opérations maritimes que la difficulté de franchir les barres rend toujours dangereuses, et facilitera, par conséquent, le débarquement rapide de nos troupes, alors que, jusqu'ici, ce débarquement pouvait être indéfinitivement retardé par l'état de la mer.
Le wharf en question aura trois cents mètres de longueur sur quarante de largeur et dépassera la barre de plus de cent mètres. Il sera pourvu d'une double voie ferrée et de grues fixes de diverses puissances. M. Viard espère pouvoir mettre, dans un an environ, ce précieux outillage à la disposition du commerce et des autorités militaires.
Les Arts industriels au Salon du Champ-de-Mars.--La Société nationale des Beaux-Arts se propose d'apporter à son règlement, en ce qui concerne les œuvres exposées, une modification qui constituerait une réforme importante.
Jusqu'ici les expositions artistiques ne comprenaient que les tableaux, les statues, l'architecture et la gravure. Les organisateurs du Salon du Champ-de-Mars pensent que ce programme n'est pas assez large et que, en dehors de ceux qui cultivent ces branches, en quelque sorte classiques, de l'art, il en est d'autres qui contribuent pour une large part à l'illustrer et dont la place est marquée auprès des peintres, des sculpteurs ou des architectes. C'était l'avis des grands maîtres du passé et, pour n'en citer qu'un, Bernard Palissy, qui prenait modestement pour titre: ouvrier de terre et inventeur des rustiques figulines, passait et méritait de passer pour un des grands artistes de son temps. La Société nationale veut reprendre les traditions de la grande époque et faire revivre le principe de l'unité de l'art qui la caractérisait. Elle estime que les céramistes, les verriers, les émailleurs, les orfèvres, les ferronniers, sont les égaux, dans certains cas, des peintres ou des sculpteurs et doivent, par conséquent, participer aux mêmes privilèges, partager les mêmes récompenses.
Le comité est donc d'avis que leurs œuvres doivent être exposées au même titre que les autres. Mais, seules, les pièces originales, signées de l'artiste qui les aura faites, seront reçues, sans nom de la maison à laquelle elles appartiennent, afin d'éloigner tout soupçon de réclame. Les trois sections du jury se réuniront pour les juger.
Une commission composée de MM. Dalou, Dubois, Cazin et Roll, est chargée d'étudier le règlement spécial qui doit s'appliquer à l'art industriel et préparer sa fusion avec les Beaux-Arts. C'est là une tâche assez délicate, étant donnés les progrès accomplis par le procédé industriel, si perfectionné aujourd'hui qu'il se confond souvent avec l'art lui-même. Nous n'en sommes plus au temps, en effet, où il fallait, pour certains travaux, que la main de l'ouvrier fût une main d'artiste. Il y a là un écueil, mais les rénovateurs du Salon du Champ-de-Mars sont assez expérimentés pour faire la démarcation nécessaire et, s'ils y réussissent, ils auront consacré un principe juste.
Nécrologie.--M. Auguste Cadet, ancien conseiller municipal de Paris, ancien député de la Seine.
M. Octave Blanqui, fils du célèbre économiste, attaché à la résidence générale de Tunisie.
M. François Carquet, ancien sénateur républicain de la Savoie.