Les origines de sa maîtresse, en ce qui concerne la naissance et la fortune, ne lui paraissent plus aussi nettes. Il part pour l'Angleterre; il se renseigne, l'enquête n'est pas longue. Maud Vivian n'est autre qu'une coquette, qui ne doit l'argent dont elle vit scandaleusement qu'à de très riches protecteurs. Indigné d'être dupe, il chasse Vivian qui jure de se venger.
Cette vengeance, elle l'a sous la main. Edmond Sorbier va épouser Geneviève. Cependant qu'on prépare la fête des fiançailles, et qu'on n'attend plus que l'arrivée de l'oncle Lafaurie, une lettre arrive: Lafaurie revient, il s'est marié à Naples, il emmène dans sa famille sa femme qui n'est autre que Maud Vivian, laquelle rentre dans la maison avec toute l'autorité que lui donne la situation de son mari.
C'est la guerre que Maud apporte, et, comme Sorbier sent son ancienne maîtresse capable de tout, il lui enjoint avec menaces de ne pas toucher à Geneviève, ne serait-ce que par un mot, ou par une allusion au passé.
Le mariage se fait; et cette vipère de Maud imagine de mettre sous les yeux de la jeune femme une lettre passionnée que lui a adressée autrefois Edmond; mais Geneviève, prévenue par son mari contre de pareils procédés, laisse passer une telle infamie. La Maud en est pour ses frais de méchancetés, car M. Lafaurie est revenu lui-même de son aveuglement pour cette créature. Il ne peut chasser l'aventurière de sa maison; mais il a recours au divorce et Maud se retire de ce milieu d'honnêtes gens.
La comédie de M. Albert Delpit, dont notre dessin reproduit une des scènes les plus belles, celle du 4e acte, entre Maud. Edmond Sorbier et Geneviève, est fort bien interprétée par MM. Dumény, Calmettes, Paul Reney, Mme Melcy et Mlle Dieudonné.
ARMAND BÉHIC
Ces jours derniers est mort un homme qui avait été mêlé, au cours de sa longue et laborieuse carrière, à toutes les grandis affaires où
M. ARMAND BÉHIC D'après une
photographie de la maison Waléry. l'industrie nationale était engagée comme aux affaires politiques, et qui disparaît laissant à tous le souvenir d'une belle et loyale existence de travailleur. Ne en 1809, Béhic entra tout jeune dans l'administration des finances. A l'âge de vingt et un ans, il fit la campagne d'Afrique comme payeur de l'armée. Il passa ensuite à l'inspection des finances. Elu député d'Avesnes en 1846, représentant du peuple à l'Assemblée législative de 1849, il passa ensuite au Conseil d'État où il demeura jusqu'en 1851. Il n'était pas rentré dans la politique depuis plus de dix ans, il était simplement conseiller général des Bouches-du-Rhône, quand Napoléon III le nomma ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics. Il resta quatre ans ministre et, en 1867, quand il quitta le pouvoir, il fut nommé grand-officier de la Légion d'honneur. En 1876, il fut élu sénateur de la Gironde.