Un certain nombre de catholiques lui ayant demandé son avis sur la façon dont ils devaient comprendre leur «devoir social», l'illustre prélat leur a donné une sorte de consultation qui contient un passage du plus haut intérêt. Il y est dit: «D'abord faisons trêve aux dissentiments politiques. Quand la foi est en péril, redirons-nous avec Léon XIII, tous doivent s'unir d'un commun accord pour la défendre. Le pays a besoin de stabilité gouvernementale et de liberté religieuse... Apportons un loyal concours aux affaires publiques, mais demandons aussi que les sectes anti-chrétiennes n'aient pas la prétention d'identifier avec elles le gouvernement républicain et de faire d'un ensemble de lois anti-religieuses la constitution essentielle de la République.» Ce sera là, en effet, tout le fait prévoir, que portera principalement l'effort de ceux qui, parmi les catholiques, se résignent à accepter le régime actuel: plus d'opposition systématique contre la forme de gouvernement, mais propagande constante dans le but de faire réformer les lois qui touchent aux intérêts religieux, c'est-à-dire celles qui concernent l'enseignement, le service militaire et les congrégations.

Puisque nous parlons du parti monarchiste, nous devons signaler un fait important, la retraite de M. Bocher, le confident et le représentant du comte de Paris en France. M. Bocher a exercé ces délicates fonctions pendant de longues années et, dans ce rôle souvent difficile, il a su se concilier l'estime générale. Il a invoqué, pour résigner son mandat, l'âge et la fatigue causée par un travail incessant. Son droit au repos est trop évident pour qu'il soit permis de chercher un autre mobile à cette décision, qui peut amener une modification nouvelle dans l'attitude du parti dont il était le représentant.

M. le comte d'Haussonville, l'orateur de Nîmes, que l'on supposait désigné pour remplacer M. Bocher, a été en effet appelé par le comte de Paris, qui se trouve en ce moment en Espagne.

Les courses et les paris.--On continue à occuper militairement les champs de courses et, jusqu'ici, le public s'est en général soumis aux dispositions prises pour empêcher le fonctionnement des paris. C'est à peine si quelques arrestations ont été opérées pour infraction aux arrêtés ministériels. Mais on sent que les choses ne peuvent durer ainsi et on devine que cette patience apparente est motivée par l'attente de la loi spéciale qui doit régler la question une fois pour toutes.

En vertu de cette loi, seront seules autorisées les courses ayant pour but l'amélioration de la race chevaline et organisées par des Sociétés dont les statuts auront été approuvés par le ministre de l'agriculture.

Les Sociétés de courses auraient la police de leurs hippodromes. Elles organiseraient donc sous leur surveillance le fonctionnement des paris et s'entendraient avec les municipalités pour la redevance à payer au profit d'œuvres de bienfaisance.

Mais, comme on le voit, d'après ce projet, le point spécial relatif à la légalité du pari mutuel n'est pas tranché. Aussi, pour prévenir les difficultés qui ne manqueraient pas de se produire de nouveau, certains députés voudraient-ils que la question fût nettement posée et ils demandent une modification catégorique à la loi de 1836 sur les loteries, loi à laquelle celle qui concerne le pari mutuel serait assimilée.

Allemagne: les passe-ports en Alsace.--A la suite des mesures prises par l'administration allemande, dans le but de rendre plus rigoureuses encore que par le passé les prescriptions relatives aux passe-ports, une délégation de la représentation d'Alsace-Lorraine s'est rendue auprès de l'empereur pour essayer de le faire revenir sur sa décision. Guillaume Il a reçu les délégués en grand apparat; il avait pris place sur le trône, entouré des dignitaires de la couronne, et il était revêtu de l'uniforme des gardes du corps. Dans le discours qu'il leur a adressé, l'empereur a fait entendre que, pour le moment du moins, il n'était disposé à faire aucune concession. En revanche, il a saisi l'occasion qui lui était offerte pour proclamer hautement les droits de l'Allemagne en Alsace-Lorraine.

Nécrologie.--Le général de Narp, commandeur de la Légion d'honneur.

M. Kornprobst, ancien ingénieur en chef des ponts-et-chaussées.