Nous en avons fini avec la description du phare, il nous faut suivre encore un instant dans son service l'homme que nous avons vu installer tout et que nos gravures nous montrent maintenant assis dans le tambour, au pied même de la lampe, un registre ouvert sur les genoux.

Légèrement vêtu et le col de la chemise entr'ouvert à cause de la chaleur quelquefois énorme (40° centigrades dans les nuits d'été) qui règne dans la lanterne, les yeux réglementairement cachés sous des lunettes aux verres fumés, dits de Londres, pour obvier autant que possible à l'insupportable intensité de la lumière, il fait son quart de trois heures, surveillant le feu, la consommation de l'huile, observant l'horizon, notant le temps qu'il fait, le degré de transparence de l'air, la brume, les incidents de la mer. Immobile, il veille, dans ce scintillement qui tourne autour de lui, suffoqué par la chaleur et le relent âcre des vapeurs de l'huile minérale, au milieu du tic-tac énervant des appareils d'horlogerie et de l'endormant et sourd mugissement de la mer qui déferle au pied des rochers, interrompu seulement de temps en temps par un choc sec contre la vitre produit par quelque oiseau migrateur attiré dans sa route et qui est venu se heurter contre l'obstacle qui le fascine.

La France a toujours été à la tête des progrès accomplis depuis un demi-siècle par la science des phares: en 1791 Teulère et Borda ont inventé les réflecteurs paraboliques; en 1823, Augustin Fresnel imaginait les appareils lenticulaires qui illuminent aujourd'hui les côtes du monde entier. Ces traditions se sont soigneusement conservées, et l'on retrouve chez le personnel de notre service des phares, depuis l'ingénieur jusqu'au gardien, cette science d'inventions, ce dévouement à toute épreuve, cette discipline merveilleuse, enfin, qui sont comme la caractéristique de notre famille maritime française.

Hacks.

LES MERVEILLES DE LA SCIENCE

LE FIL ÉLECTRIQUE

Texte de GROSCLAUDE, dessins d'ALBERT GUILLAUME.

C'est prodigieux ce qu'on peut obtenir avec de la patience et un peu d'électricité. Vous prenez un fil de fer, un courant magnétique et deux tablettes vibratoires sur lesquelles vous criez: «Allo! Allo!» et vous voilà en conversation avec Londres.