LA PÂQUE RUSSE
Nous continuons aujourd'hui notre série des scènes de la vie russe par la cérémonie de la Pâque qui rappelle un peu ce qu'en France nous appelons la bénédiction des rameaux. Les fidèles, rangés devant la porte
M. BELTCHEF D'après la photographie
de M. Ivan-A.-Rarastojanow. de l'église, ont apporté avec eux des pains confectionnés avec une sorte de laitage caillé qui constitue, le jour de la pâque, le mets principal des Russes. Dans ce laitage ils ont planté des cierges qu'ils ont allumés. Le pope sort de l'église, suivi de son sacristain, et bénit les fidèles, les cierges et les pains de laitage caillé. Puis tout le monde se retire.
Une particularité assez curieuse à signaler: sitôt que la bénédiction a été donnée, les fidèles éteignent leurs petits cierges, dont ils conservent précieusement la partie restée intacte, à moins qu'ils ne la cèdent, moyennant quelque argent, à d'autres fidèles qui n'ont pu assister à la bénédiction.
M. BELTCHEF
Nos lecteurs trouveront dans l'Histoire de la semaine les détails relatifs à l'assassinat de M. Beltchef, ministre des finances de Bulgarie, dont nous donnons ci-contre le portrait. Nous n'avons donc que peu de chose à dire sur cet attentat, qui a jeté la consternation dans tous les cercles politiques de Sofia, où la victime était aimée et estimée de tous. Au moment où nous mettons sous presse, les assassins ne sont pas encore connus, mais les arrestations ordonnées par M. Stamboulof continuent, et l'agitation s'étend de plus en plus en Bulgarie.
M. Beltchef était nouveau venu en politique. Il avait trente-cinq ans et avait fait ses études à Paris.
NOTRE SUPPLÉMENT
Morte saison.--S'il mange ainsi son fonds, le petit pâtissier-confiseur que Mlle Achille Fould a peint avec tant d'esprit, il ne s'enrichira guère! Mais, à cet âge, songe-t-on à l'avenir, surtout quand le présent est là, attractif, sous la forme d'un éventaire chargé de sucre d'orges? La marchandise doit être bonne. Les yeux émerveillés du gamin le disent éloquemment.