--Il y a des courses? dit Barincq.
--Oui, et les vaches proviennent de mon troupeau.
--Certainement nous irons, dit Mme Barincq avec empressement; nous n'avons jamais vu de courses landaises, mais nous en avons assez entendu parler par mon mari pour avoir la curiosité de les connaître.
L'entretien se prolongea ainsi, allant d'un sujet à un autre, jusqu'à l'heure du dîner, et déjà le soleil s'abaissait sur la mer, découpant en une silhouette sombre les rochers de l'Atalaye, déjà la plage avait perdu son mouvement et son brouhaha, quand le baron se décida à se lever.
A peine s'était-il éloigné avec le capitaine que Mme Barincq rapprocha vivement sa chaise de celle de sa fille:
--Tu sais que c'est un mari? dit-elle.
--Qui? demanda Anie.
--Qui veux-tu que ce soit, si ce n'est le baron d'Arjuzanx?
--Te voilà bien avec ton idée fixe de mariage, dit Barincq.
--Oh! maman, si tu voulais ne pas t'occuper de mariage, continua Anie; nous ne sommes plus à Montmartre, et nous n'avons plus à chercher un mari possible dans tout homme qui nous approche. Laisse-moi jouir en paix de cette liberté.